Tous les articles par alex

Les habitants de Plaza Dignidad accusent les tribunaux de ne pas les protéger contre l’utilisation aveugle de gaz lacrymogènes

D. Ortiz / J. Riffo / F. Velásquez le 10/01/2021

https://interferencia.cl/sites/default/files/styles/article/public/unnamed.png?itok=a41Chasf&c=8108ec73ce751315a29763450d0b7783

Les habitants des quartiers de Parque Forestal, Lastarria et Bellas Artes ont déposé des recours en protection devant la Cour d’Appel de Santiago contre les tirs de gaz toxiques en quantité abusive dans leurs secteurs. Ces recours ont tous été rejeté par la justice.

Le 29 décembre 2019, un groupe de voisins appartenant à ce qu’on appelle « l’Axe de la Dignité » – qui comprend les quartiers de Parque Forestal, Lastarria, Bellas Artes et les secteurs entourant la zone qui concentre les manifestations depuis la révolte sociale – a déposé un recours en protection contre les Carabineros du Chili et le ministère de l’Intérieur pour sauvegarder les garanties constitutionnelles.

Dans le texte, les plaignants ont indiqué qu’ils étaient « tous des résidents du quartier de Lastarria, Bellas Artes et Parque Forestal de Santiago, un quartier qui, au fil des ans, bien qu’il soit devenu l’un des principaux centres touristiques, gastronomiques et culturels de la ville, conserve encore une importante composante résidentielle, abritant une importante communauté de résidents qui ces jours-ci et après la révolte sociale que connaît notre pays depuis le 18 octobre dernier, a été particulièrement touchée dans sa vie quotidienne en raison de l’utilisation aveugle par les forces de l’ordre, de gaz lacrymogènes, de gaz poivré et d’autres substances qui ont gravement porté atteinte à notre intégrité physique et mentale, ainsi qu’à celle de nos enfants, de nos familles et de nos animaux domestiques ».

L’appel a été accepté mais finalement débouté en mars 2020 par la Septième Chambre de la Cour d’Appel de Santiago, rejetant les arguments des voisins et constatant que « l’occurrence de quelques faits concrets et spécifiques qui équivaut à une affectation des garanties constitutionnelles des appelants n’est pas démontrée, car il n’a pas été suffisamment justifié que, lors des manifestations, il y ait eu un comportement qui, directement, individuellement et spécifiquement, pourrait signifier une atteinte, dans le degré de privation, de perturbation ou de menace, à leurs droits, à l’intégrité physique ou psychologique, à l’inviolabilité du domicile et au droit de vivre dans un environnement exempt de toute contamination ».

La fin de non-recevoir des tribunaux à la demande des habitants de réduire et de contrôler l’utilisation des gaz toxiques dans le secteur n’est pas nouveau. Selon eux, ce recours était l’un des rares à avoir été traité par les tribunaux, d’autres n’ayant même pas été acceptés.

« Nous faisons ici appel à une garantie constitutionnelle de vivre dans un environnement exempt de pollution. Légalement, l’émission systématique d’un produit chimique dans l’environnement nécessite une étude d’impact environnemental, basée sur les éléments connus qui constituent ce type de bombe lacrymogène. Ce que nous soutenons, c’est que le problème était l’utilisation du gaz sans discernement et hors protocole », a déclaré Angello Retamal à Interferencia, l’un des voisins qui a participé à l’action en justice.

En effet, comme notre média l’a rapporté il y a quelques semaines, la récurrence de l’utilisation de cette arme chimique dissuasive dans cet endroit a également fait l’objet d’enquêtes internationales.

Le 20 décembre dernier, Interferencia a révélé une étude menée par l’agence de recherche Forensic Architecture, basée à Londres. Une équipe multidisciplinaire de 12 experts a mesuré la concentration de gaz CS – l’agent irritant des gaz lacrymogènes – sur la Plaza Dignidad lors de manifestations qui ont eu lieu le 20 décembre 2019. En une minute donnée, les concentrations sur le site ont dépassé 135 fois la limite fixée par les Carabineros pour l’utilisation du gaz dans leur « Manuel d’Opérations pour le Contrôle de l’Ordre Public ». De plus, le niveau enregistré de la substance chimique irritante dépassait 27 fois le niveau que les instituts de santé américains qualifient « d’immédiatement dangereux pour la vie et la santé » (Immediately Dangerous to Life and Health).

(https://www.gazlacrymo.fr/2020/12/21/lacrymogenes-lancees-sur-la-plaza-dignidad-une-enquete-anglaise-a-enregistre-des-concentrations-135-fois-superieures-a-la-limite-etablie-par-les-carabineros-du-chili/ )

Parmi les effets nocifs du gaz CS, il a été mis en évidence la production de cyanure dans l’organisme, ce qui représente « un facteur de risque majeur pour le cerveau, le foie, les reins, les yeux et le système gastro-intestinal » selon une recherche scientifique française menée par le docteur en biologie moléculaire, Alexander Samuel, et le président de l’Association française de toxicologie chimique, le Dr André Picot (https://www.gazlacrymo.fr/2020/09/18/daniel-soto-au-chili/).

En outre, de nombreuses études internationales ont montré que le gaz CS, lorsqu’il est utilisé par des canons à eau – et donc mélangé à de l’eau – produit des brûlures sur la peau. Des recherches militaires et civiles menées en Australie, aux États-Unis, en Uruguay, au Japon et en France, entre autres, concluent que l’irritant chimique est capable de provoquer des brûlures plus ou moins graves sur le corps humain. (https://interferencia.cl/articulos/evidencia-cientifica-global-muestra-que-gas-cs-usado-por-guanaco-causa-quemaduras-en-la).

Irací Hassler, conseillère municipale (PC) de Santiago, habitante du secteur touché et actuelle candidate à la mairie, a déclaré à ce journal numérique que « des gaz toxiques entrent dans nos appartements même les jours où il y a très peu de gens qui manifestent. Au lieu d’un dialogue ou d’une forme de dissuasion, le cas échéant, ils affectent l’ensemble du quartier, sans aucune proportionnalité. C’est ce que nous avons essayé de rendre visible, sans une réponse favorable des autorités et malheureusement sans un bon accueil de la part de la justice ».

Hassler a ajouté qu’« il y a un mal-être chez de nombreux habitants, certains ont même migré hors du quartier. Il existe une incertitude permanente quant au moment où les forces spéciales arriveront pour réprimer d’une manière qui ne nous permet pas de vivre normalement notre quotidien. Quand nous allons marcher et que soudain il y a un énorme déploiement de bombes lacrymogènes ou de canons à eau, cela provoque un stress qui affecte la santé mentale des habitants du quartier, cela en raison de l’état de belligérance constant. Et nous sommes également attentifs aux conséquences que l’exposition à ces gaz peut avoir sur la santé des membres de notre communauté ».

Entre les gaz lacrymogènes

Récemment, le groupe de voisins « El Barrio Que Queremos » qui réunit le secteur du Parque Forestal, Lastarria et Bellas Artes, a mené une enquête auprès de la communauté afin de connaître la situation sanitaire et environnementale de ses membres, entre Novembre et Décembre 2020.

En considérant des éléments tels que l’état de la flore et de la faune du quartier, la situation en matière de santé physique, la situation en matière de santé mentale, le sentiment de sécurité et les informations personnelles pour les statistiques, les résultats ont montré une nette tendance à imputer l’utilisation de gaz toxiques par les Carabineros aux changements de la flore et de la faune du secteur et à la santé physique et mentale des habitants.

Elena Stephen, présidente de « El Barrio Que Queremos », a déclaré à Interferencia que « les gens ont commenté que les plantes étaient en train de mourir. Quatre animaux de compagnie sont morts, parce qu’ils ont été emmenés au Parque Forestal et ont été intoxiqués par les résidus de poudre lacrymogène. Nous avons eu des diagnostics médicaux d’intoxication au gaz, nous avons dû prendre des médicaments pour nous soulager. Les voisins âgés ont choisi de laisser leur maison à leurs proches tous les vendredis afin de ne pas être là lorsque la répression des Carabineros commence. Il en va de même pour les enfants, de plus en plus de parents décident de quitter le quartier pour protéger leurs enfants qui, depuis Septembre, doivent être enfermés chaque vendredi.

Pour sa part, Hector Juan Vergara, président du conseil de quartier 1 de Santiago Parque Forestal, qui s’étend de la Plaza Dignidad à la colline de Santa Lucia, entre Alameda et le fleuve Mapocho, nous a dit que « c’est un gros problème pour nous. Les pathologies déclenchées par le gaz lacrymogène sont des problèmes respiratoires et même des problèmes gastriques. Compte tenu de l’âge avancé de nos voisins, la grande quantité de gaz que nous devons supporter les place en danger, voir un danger vital. Nous avons de nombreux voisins qui souffrent de maladies sous-jacentes, ce qui rend ce scénario plus complexe ».

Vergara ajoute que « nous avons envoyé des lettres et tenu des réunions avec des conseillers municipaux, des maires entres autres, pour leur faire comprendre à quel point nous voyons de manière négative les actions des Carabineros et nous n’avons eu aucune réponse. Les actions de la police sont disproportionnées par rapport au nombre de personnes qui manifestent, même lorsqu’il y a moins de manifestants, la répression est maintenue et s’est même accrue dernièrement ».

                                                Photo : https://www.nomaslacrimogenas.com

 » El peligro del gas CS es subestimado »

La asociación Toxicologie-Chimie de París (ATC)(Toxicologia-Quimica de París) pública un informe sobre « el uso del gas lacrymogeno CS y sus efectos tóxicos a corto y largo plazo ». « L’Obs » entrevistó uno de sus autores, el profesor Alexander Samuel.

De L’Obs

Publicado el 02 de Julio 2020.

Despues de un año de trabajo, sus investigaciones, iniciadas durante la movilización de los chalecos amarillos franceses, están por fin reunidas en un informe de 126 páginas (PDF), publicado por la ATC (Association Toxicologie-Chimie de Paris).

Alexander Samuel estuve presente durante las protestas para dirigir las análisis de sangre y orina con la voluntad de demostrar la presencia de cianuro en los gases lacrymogenos y estudiar las consecuencias en la salud (ver video)

Si la pregunta de la nocividad de los gases lacrymogenos ya es un tema estudiado en varias parte del mundo, el interés de este informe reside en que suma diferentes estudios. Es aún más cierto ya que una parte de estos estudios no estaba accesible « porque reservada al sector militar » indica André Picot, présidente de ATC y coautor del informe.

Hace más de un año que Alexander Samuel empezó a interesarse a la presencia de cianuro en tasa anormalmente elevada en un organismo expuesto al gas CS.

En un principio, este profesor de matemática (cuenta además con un PhD de Biología Molecular) pensaba demostrar muy fácilmente, « en un par de minutos en Internet », que se trataba de un Fake News. « Pero me di cuenta que no. Claramente no hay cianuro en el gas lacrymogeno, pero sí, este se metaboliza en el cuerpo en dos moléculas de cianuro. Incluso con bajo dosis, el gas CS puede causar daños en la salud, en los ojos y el sistema nervioso central »

« Síntomas a largo plazo »

El informe (cuyas conclusiones han sido publicada en « l’Obs » en exclusivadad) entrega detalle sobre las patologías que pueden resultar del contacto con el gas CS : cataratas en los ojos pero también síntomas como dolor de cabeza, parálisis, malestar respiratorio. También se informa sobre daños a la tiroideos, molestias gastrointestinales (náuseas y vómitos, diarrea) y daños musculoesqueléticos (rigidez muscular), hepática…

Cómo lo cuenta en la video, Alexander Samuel también ha sido participante de un estudio realizada por los Chalecos Amarillos franceses con la meta de evaluar los síntomas a largo plazo del gas lacrymogeno.

« Encontramos mucha gente con malestar, mareos, etc. […] Estas personas tenían efectos persistentes en el sistema nervioso central o síntomas apareciendo a largo plazo. También encontramos síntomas poco conocidos. Por ejemplo, varias mujeres se han quejado de tener sangrado menstrual excesivo, abundante, después haber estado expuesto al gas CS. En este tema, todo está por descubrir. »

Peligroso incluso en zona abierta ?

El peligro de los gases lacrymogenos está subestimada, insiste el doctor en biología molecular, acusando el uso masivo de parte de la policía. El gas CS sigue siendo considerado como una arma química en el marco del derecho internacional y por ende prohibido en las guerras entre países.

 Si bien el peligro de este gas en lugar cerrado está claramente conocido (en 2014 en Egyptia, bombas lacrymogenos han sido lanzada en un camión transportando prisioneros causando la muerte de 37 de ellos), la baja concentración del gas en lugar abierto, como un plaza o calle, supuestamente no llevará peligrosidad.

« El problema es cuando se dispara muchos gases en pocos minutos. En este caso si se puede decir que hay un peligro » ,  contrasta Alexander Samuel.

Su deseo es que a raíz de su trabajo y de la publicación en ATC, las autoridades tomen en cuenta este estudio para desclasificar otros estudios, en particular las investigaciones sobre las consecuencias a largo plazo, de las cuales incluso los integrantes de las policías, carabineros etc… pueden ser las víctimas.

« Debería haber otras maneras de mantener el orden público » suele pensar Alexander.

F. J. Newman, analyste canadien de renseignements criminels : « Les Carabineros sont une force de police incontrôlée et leur destin est de disparaître ».

par Roberto Bruna12 février, 2021   

Voici le diagnostic d’un professionnel chilien, membre de l’une des plus prestigieuses forces de police du monde, qui rend compte des lacunes des Carabineros. Ce citoyen chilieno-canadien fournit aussi une série de recommandations pour créer une nouvelle force de police, probante, efficace, compétente et respectée par les citoyens.

La fin du système de double rang hiérarchique, la création d’un conseil d’administration de la police indépendant qui intègre les organisations sociales et la création d’une unité de relations communautaires semblent être trois actions indispensables dans cette entreprise.

Reforma a Carabineros de Chile

Il a été curieux de voir les officiers des Carabineros distribuer des bâtons à la volée lors des manifestations qui ont accompagné la révolte sociale. L’obsession des bombes lacrymogènes et un penchant malsain à tabasser des personnes non armées lui ont montré que la police chilienne en uniforme avait peu changé depuis les années 1970, lorsqu’il a quitté le pays, étant jeune. « Il s’est avéré qu’il s’agissait essentiellement de la même police de la dictature, et c’est grave », dit-il. « Saviez-vous que dans la ville où je travaillais, l’une des plus grandes d’Amérique du Nord, une seule fois une bombe lacrymogène a été utilisée ? Juste une fois. Et ce n’est arrivé qu’une fois, et la police a averti par mégaphone avant de tirer », dit-il.

Cette curiosité initiale s’est transformée en surprise lorsqu’il a appris l’utilisation aveugle des armes anti-émeutes, dont l’usage est strictement interdit dans les manifestations de rue dans le pays où il est devenu policier. La surprise se transforme en horreur lorsqu’il apprend les cas de Fabiola Campillay et de Gustavo Gatica (rendus aveugles par les tirs de la police NDT) ou le cas d’un jeune homme écrasé par deux véhicules policiers.

Sans parler des coups atroces qui ont laissé un jeune homme de Maipú dans un état quasi végétatif. Tout l’étonnement qui l’a accompagné s’est transformé en indignation totale lorsqu’il a vu un officier des forces spéciales jeter d’un pont un adolescent dans la rivière Mapocho, plusieurs mètres plus bas.

INDH valoró como
Gustavo Gatica
Fabiola Campillay

Les choses ont empiré lorsqu’il a vu à la télévision comment deux policiers et un garde municipal se sont causé des blessures plus ou moins graves par leurs propres tirs croisés, tout cela au milieu d’une procédure visant à arrêter un « motochorro » à Providencia (digne d’un film comique selon lui…). Puis il a commencé à ressentir un étrange sentiment de tristesse. Et la pertinence de l’adjectif « étrange » est due au fait que, bien que le tableau invite à l’amertume et à l’inquiétude, à la longue, il a eu envie de rire, ce qui est plus ou moins ce que nous ressentons chaque fois que nous assistons à un spectacle pathétique, hilarant, extrêmement ridicule, « comme cette conférence de presse dans laquelle un général a dit que les troupes des forces spéciales utilisent du Mentholum pour lutter contre les effets des gaz lacrymogènes (alors qu’elles étaient soupçonnées de « sniffer » de la cocaïne :

« C’est incroyable le manque de modestie en ces temps de transparence qu’entraînent les réseaux sociaux. Des choses comme tirer sur des enfants dans une maison d’enfants est quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant. J’étais stupéfait », dit l’analyste des renseignements de la police.

« Dans le contexte de la révolte sociale, nous avons vu des choses terribles, mais aussi beaucoup de choses déroutantes, très mystérieuses, des actes qui auraient dû être étudiés et clarifiés. Mais rien de tout cela ne se produit, car il est clair que personne ne contrôle les Carabineros. Au contraire, le gouvernement est tellement affaibli qu’il semble devoir son maintien au pouvoir aux Carabineros », déclare FJ. Newman, dont le CV fait état de plus de 20 ans d’expérience dans l’unité d’analyse des renseignements criminels de l’une des plus grandes forces de police du Canada.

https://prensa.presidencia.cl/lfi-content/uploads/2020/11/thumbs/_srq6053_653x431.jpg
Le Président Piñera et le nouveau directeur de Carabineros Yañez.

La police chilienne en uniforme doit partir

Les événements récents l’ont convaincu : « La police chilienne en uniforme doit tout simplement disparaître parce qu’elle est déjà morte, et elle doit faire place à une autre police, avec un autre uniforme. Mais surtout, il faut que ses membres apprennent les valeurs démocratiques d’une société du XXIe siècle », dit-il.

    « Ce qui est urgent, c’est d’assumer que cette force de police est moralement en faillite aux yeux des citoyens, des citoyens qui la considèrent comme un ennemi et comme une partie du problème. Il est clair que les Carabineros sont perçus comme une institution qui fait partie du vieux Chili, le Chili dont ils ne veulent plus jamais entendre parler. Il n’y a pas de police efficace et performante lorsqu’elle est rejetée par le peuple. C’est pourquoi je dis qu’il n’y a pas d’autre option que de créer une nouvelle force de police dans les cinq ans », dit-il.

Et il ajoute : « Dans la première étape, les deux coexisteront. Il y aura une force de police émergente et une autre qui sera progressivement supprimée au fur et à mesure que la nouvelle force de police augmentera en taille. Cette force doit être formée de manière très différente, de manière plus professionnelle, avec une approche différente de ce que signifient la démocratie et la protestation sociale. Ce qui semble très rare dans un pays aussi autoritaire et oligarchique que le Chili.

El Soberano : C’est-à-dire qu’il faut leur apprendre ce que signifie vivre en démocratie. À partir de là…

– Exactement. Exactement, parce qu’il est clair qu’ils ne le comprennent pas, et c’est clair quand on voit les mauvais traitements infligés aux gens dans le cadre de la protestation sociale. Il suffit de se souvenir de ces images de Valparaíso où des officiers des Carabineros frappent des personnes qui descendent au plan pour exercer leur droit légitime de protester.

Nous devons leur faire comprendre qu’ils sont là pour protéger les citoyens même lorsqu’ils décident de descendre dans la rue pour protester. Au Canada, c’est comme ça : la police protège les manifestants, s’assure que personne ne les attaque, qu’ils ne les écrasent pas. Il faut apprendre aux nouveaux policiers que manifester n’est pas une mauvaise chose et que, au contraire, cela fait partie de la démocratie, et d’une démocratie saine en plus. Au Canada, nous préférons même qu’ils brûlent les voitures de police afin de pouvoir y canaliser leur énorme indignation. C’est mieux que de mettre le feu aux transports publics, n’est-ce pas ? C’est là que réside l’un des problèmes des Carabineros : leur entraînement militaire.

E.S. : L’armée est-elle en conflit avec le concept de démocratie ?

–           Bien sûr. C’est un problème grave parce que les militaires ont tendance à croire que les sociétés doivent fonctionner comme un régiment, et la société n’est pas un régiment: il y a des civils, des gens de différentes confessions, avec des visions du monde différentes, idéologiquement et culturellement différents, d’âges différents, avec des points de vue très différents, avec des goûts et des préoccupations divergents et souvent contradictoires ; certains sont supporteurs de Colo Coloet d’autres de la Chile (Clubs de footbal rivaux – NDT) … Carabineros est, en ce sens, une force de police archaïque et problématique dans une société qui se dit démocratique et libérale. À moins, bien sûr, que nous ne déclarions être une dictature ou une ploutocratie. Dans ce cas, oui ; les Carabineros sont l’institution appropriée pour maintenir un ordre dictatorial.

E. S. : En Espagne, ce que vous me dites s’est produit : avec le retour à la démocratie, après la mort de Francisco Franco, la Garde civile, police militaire très semblable aux Carabineros, a dû céder son espace dans les grandes villes à une nouvelle Police nationale et à d’autres forces de police autonomes au Pays basque et en Catalogne. Aujourd’hui, le rôle de la Guardia Civil se limite aux bâtiments publics, aux autoroutes et aux petites villes…

– Ce pourrait être une formule à envisager. Mais il y a un problème supplémentaire : tous les éléments formés dans les Carabineros ne pourront pas être recyclés dans une nouvelle force de police, et la raison en est qu’ils sont formés dans une culture d’abus et d’impunité. Certains, une minorité des 60 000 officiers de l’institution, pourront faire partie du nouveau corps, mais ils seront très peu nombreux. Ce qui se passe, c’est qu’il y a beaucoup de dommages accumulés. D’autre part, la police d’investigation (PDI) a effectué cette transformation à temps, au début des années 1990, et a pu se sauver elle-même. On remarque que ses éléments sont mieux formés et préparés, même s’ils devraient encore faire partie de la réforme car nous devons insister sur le respect de la civilité et des droits de l’homme. Cependant, le cas des Carabineros est encore plus grave. En ce sens, il serait bon d’uniformiser les processus de formation et d’éducation de la police entre le PDI et le nouveau corps.

E. S. : La marque des Carabineros a-t-elle été à ce point dévaluée ?

– Totalement. Beaucoup de gens disent que les Carabineros sont une force de police corrompue, abusive, cruelle, non professionnelle, inefficace, incompétente et tout le reste. Je préfère dire que les Carabineros sont une police amateur, qu’elle est complètement hors de contrôle et que son inexorable destin n’est autre que de disparaître pour le bien de la démocratie et de la République. En ce qui concerne le cas spécifique du jeune jongleur de Panguipulli,

je peux seulement dire qu’il s’agit d’une affaire importante et que pas beaucoup de policiers canadiens hautement professionnels pourraient partager l’idée de légitime défense, soutenue par l’avocat du policier. Mais, indépendamment du cas spécifique, il est évident qu’une partie importante de la population – la majorité, je dirais – en a assez des Carabineros, de leurs abus et de leur impunité, et à ce titre, ils sont a priori contre la police dès qu’ils apprennent un événement aussi controversé et regrettable que celui-ci. Cet acte immédiat de condamnation est un symptôme de cette rupture, et cette rupture est définitive. Bien sûr, des efforts devront être faits pour sauver les agents qui travaillent dans des groupes hautement spécialisés, comme le GOPE, par exemple, dont la formation est coûteuse et complexe. Nous arrivons ici à un autre élément qui affecte l’efficacité de la police chilienne en uniforme, et c’est quelque chose d’aussi simple que son double rang hiérarchique. C’est incroyable qu’une telle chose existe dans le monde d’aujourd’hui.

Les effets du double classement

E. S. : Ce qui se passe également dans l’Armée…

–           C’est de la folie. C’est inconcevable à notre époque. La première chose est que cette odieuse division entre officiers et sous-officiers va à l’encontre du principe méritocratique que les politiciens et les hommes d’affaires chiliens affectionnent tant. Mais deuxièmement, et c’est le plus important, ce système pervers réserve les postes de direction à ceux qui ont les moyens de payer, qui sont ceux qui seront formés à l’école des officiers des Carabineros. Au fond, et d’un point de vue de classe, nous disons à la société dans son ensemble que ceux qui dirigent l’institution sont ceux dont les parents ont de l’argent et des contacts. Et que se passe-t-il alors ? Eh bien, l’institution reproduit le regard oligarchique de ceux qui la dirigent, et ce regard imprègne toute la base.

La police devient une garde prétorienne de ceux qui sont nés avec le privilège du berceau. Si les Carabineros sont maladroits et incompétents, c’est parce qu’ils ne sont pas dirigés par ceux qui ont de meilleures idées ou qui sont mieux formés. C’est pourquoi, en Amérique du Nord, il n’existe pas de double échelon hiérarchique. Il faut que cela cesse maintenant parce que c’est nocif.

E. S. : Les secteurs les plus conservateurs défendront ce double système de hiérarchie au sein de la Convention constituante.

–           Je suis sûr qu’ils le feront, mais c’est compréhensible au vu de la défense naturelle du privilège. Il est important de préciser que cette incompétence, ces abus, cette vision classiste des Carabineros, n’est pas une coïncidence, mais est le produit d’une conception délibérée des élites pour créer une force de police qui, en fait, est orientée pour se protéger en ordonnant le territoire. Les hommes politiques au pouvoir et les hommes d’affaires ont une police pour eux et seulement pour eux.

E. S. : Comment cela ?

– Bien sûr. Que dit la devise des Carabineros ? « Ordre et patrie ». Bien sûr, l’ordre est compris comme le contrôle de l’espace public face à ces Chiliens qui sont moins chiliens que ceux qui font partie des secteurs les plus riches du Chili. Il ordonne le territoire en disant à l’enfant à l’air pauvre qu’il ne doit pas se promener dans Las Condes et Vitacura (quartiers riches de Santiago). Il ordonne le territoire en refusant la circulation de ceux qui protestent, manifestent et exigent une action de l’État. Souvent, la police détermine quels crimes sont commis et lesquels ne le sont pas, ceux sur lesquels elle ferme les yeux et ceux qu’elle ne commet pas.

Il est incroyable de voir combien de membres des Carabineros ont le sentiment de faire partie des privilégiés simplement parce qu’ils agissent pour protéger les privilégiés. Beaucoup doivent se sentir importants dans leur démonstration de pouvoir. Il y a une question de reconnaissance dans tout cela.

E. S. : Cela explique-t-il pourquoi un carabinero jetterait un manifestant d’un pont ? (référence à un politique d’extrême droite qui disait qu’un jeune des quartiers pauvres n’avait pas à manifester au centre de Santiago – NDT)

– Je suis très frappé par la défense de ce policier, qu’il se soit embrouillé, qu’il soit devenu nerveux et tout ça. Un policier anti-émeute ne peut pas déraper dans des tâches visant à contrôler le désordre de la rue ! C’est pour ça qu’ils sont formés ! Pourquoi sont-ils allés à l’académie de police alors ! Ainsi, en étant moins naïf, on en arrive inévitablement à la conclusion que l’accent n’est pas mis sur la pacification ou le rétablissement de l’ordre, mais sur la discipline et la punition. Les Carabineros ne sont là que pour punir les pauvres et protéger les riches et les politiciens. Rien d’autre. Je regarde les infos et je vois les forces spéciales qui tirent des gaz lacrymogènes et des jets d’eau… Et ils n’en tirent aucun résultats ! Tout cela est inutile ! Pour couronner le tout, je vois des rapports sur l’utilisation d’agent chimique dans l’eau des guanacos (canons à eau). Il est évident qu’il y a quelque chose de très mal dans cette institution. Un changement de gouvernance et de direction semble donc essentiel.

E. S. : Qui devrait contrôler les Carabineros ?

– Les Carabineros ne peuvent pas être sous le contrôle du ministère de l’intérieur, car la tentation de la gestion politique de ses cadres est très grande. La nouvelle police ne peut être placée sous le contrôle d’un ministère, mais d’un conseil composé de citoyens et d’organisations sociales, ainsi que de représentants politiques et autres. Au Canada, c’est comme ça. Les citoyens et les organisations ont une voix et un vote au sein de ce conseil. Ce conseil est une entité indépendante. Je ne sais pas si cette indépendance est commode ou non, mais je peux vous assurer que l’indépendance de la police doit être totale par rapport aux autorités et au cycle politique. Total.

E. S. : En Amérique du Nord, la police dépend des municipalités.

–           Bien sûr, et le président du conseil est généralement le commissaire du maire, la personne que le maire délègue pour représenter le conseil. Le commissaire est presque toujours un ancien officier de police avec une énorme connaissance territoriale et opérationnelle, très professionnel, un expert avec une connaissance du sujet et de tout ce qui est lié à la ville. Ainsi, comme il possède d’énormes connaissances techniques, il est généralement la figure qui dirige le conseil. Mais il existe des exceptions à la règle, ce qui montre que ce ne sont pas toujours d’anciens policiers qui président ces conseils. Il dépend de la qualité du projet qu’il présente, qui peut être d’une durée de trois, cinq ou dix ans, et ce mandat peut être prolongé ou révoqué en fonction des résultats.

E. S. : Et la gestion de l’argent ? Dans les Carabineros, il y a des officiers qui ont ramené chez eux plus de 28 milliards de pesos (malversations pour plus de 40 Millions d’euros – NDT).

– Autre point essentiel : la nouvelle police ne doit avoir aucun pouvoir de décision ni d’ingérence dans la gestion financière de l’institution. Zéro. La police ne doit pas entrer en contact avec l’argent, mais doit présenter ses besoins matériels et logistiques pour remplir sa tâche efficacement, en justifiant par des chiffres toutes ses demandes et exigences, mais rien de plus. Et puis le conseil prendra une décision. Les chefs de police ne doivent pas manipuler les ressources financières de quelque nature que ce soit, ni même entrer dans cette discussion. C’est un gros risque. Autre chose : les fautes de la police doivent faire l’objet d’une enquête par un organe indépendant de la police et du conseil. De même, une force de police ne peut être efficace si elle consacre une grande partie de ses ressources à des guerres qu’elle n’a aucune chance de gagner.

E. S. : Vous voulez dire la guerre contre la drogue ? Nous avons dépensé une quantité infinie de ressources pour une stratégie prohibitionniste sans obtenir de résultats positifs.

– Il est prouvé que cette stratégie est un échec. J’ai bien étudié ce sujet, et je connaissais très bien la guerre contre la drogue que Richard Nixon a commencée en 1970 avec le Drug Prevention and Control Act et que (Ronald) Reagan a intensifiée aux États-Unis avec son Anti-Drug Abuse Act, qui a réussi à réduire le trafic mais avec un coût social énorme, car cela s’est fait au prix de la persécution des pauvres et de la criminalisation des personnes de couleur, ce qui est la façon que beaucoup ont trouvée pour les empêcher d’exercer leur droit de vote. Qu’est-ce que le Mexique a réalisé avec la guerre contre la drogue que Felipe Calderón a commencée ? Rien, sauf qu’il a réussi à renforcer les cartels et obtenir 300 000 morts environ. Peu à peu, au Canada, nous avons commencé à réaliser que le problème de la drogue est un problème de santé, et non un problème de police. La première chose que le Chili devrait faire est de légaliser la consommation et la vente de cannabis.

E. S. : La fameuse loi 20.000…

– C’est un non-sens. Il s’agit essentiellement d’une guerre contre les pauvres. Le contrôle d’identité est également un moyen de contrôler les personnes pauvres. Tout le reste n’est qu’un ramassis de conneries. C’est une action extrêmement inefficace et dangereuse car elle se prête aux abus. Le problème ne réside pas dans les utilisateurs ou les petits trafiquants, mais dans les mafias qui sont « en amont ». Le Chili devrait mettre en place un système comme celui que le Canada a créé en 1976, le Système automatisé de renseignements sur la criminalité (SARC), qui est une plateforme en ligne. Cette base de données est le National Intelligence Repository, qui doit être utilisé par tous les membres des services de renseignements criminels, pour coopérer à la collecte d’informations, à l’évaluation et à l’analyse des activités criminelles. Il n’y a rien de tout cela dans ce pays. Il suffit de regarder ce qui se passe en Araucania (Territoire Mapuche – NDT), où personne ne sait qui est derrière les incendies de camions et des biens agricoles.

E. S. : Mais ils disent que le contrôle d’identité est efficace pour arrêter les criminels qui recherchés par la justice…

– Encore un autre non-sens. L’objectif de chaque force de police dans le monde est la prévention de la criminalité. C’est-à-dire que le moins de crimes possible soient commis dans mon quartier, dans ma ville et dans mon pays dans son ensemble. L’accent ne doit pas être mis sur la recherche efficace de la responsabilité de ceux qui commettent des crimes, mais sur la prévention de leur survenance, et la première étape consiste à commencer à combler les écarts sociaux. Nous devons comprendre que l’inégalité est pernicieuse car elle corrompt les démocraties et menace la paix sociale, et dans ce cadre les sociétés ne peuvent pas se développer ou prospérer.

Sur cette question, nous avons un autre besoin impératif en tant que pays : la nouvelle force de police doit disposer d’une division des relations communautaires. Tout comme elle dispose d’une division antiterroriste et d’intervention spéciale comme le GOPE, d’une division anti-émeute, d’une préfecture d’aéropolice, etc.

E. S. : Et quel est le travail de cette division des relations communautaires au sein de la police canadienne ?

– Dans chaque commissariat, il y a cette unité composée de policiers qui sont en relation avec les citoyens, avec les organisations communautaires, avec les conseils de quartier, avec les voisins eux-mêmes, et qui écoutent leurs plaintes, leurs problèmes, leurs angoisses… Au Chili, les gens vont au commissariat et laissent un dossier ou une plainte et il ne se passe jamais rien. C’est juste une connerie de témoignage. Pas au Canada, car cette division a l’obligation de traiter cette énorme quantité de données pour guider son action préventive. Pour faire partie de cette division, il faut avoir des caractéristiques très particulières et être éduqué. Beaucoup ont fait des études de troisième cycle en anthropologie, sociologie, psychologie sociale, etc.

E. S. : Mais au Chili, il y a un problème : la dictature a rayé de la carte la dimension communautaire de la vie, au point que les conseils de quartier sont presque inexistants, ce qui empêcherait la création de ce lien entre la communauté et les forces de police qui contribuerait à prévenir la criminalité. En d’autres termes, il n’y a pas de tissu social.

– Mais attention, la nouvelle police peut contribuer à reconfigurer ce tissu social, et cela peut se produire tant que les citoyens remarquent qu’il s’agit d’une police différente, avec de nouveaux protocoles, avec un nouveau look qui est en accord avec l’idée d’une société diverse et complexe. Cela va bien au-delà d’un plan de quartier.

De temps en temps, F. J. Newman vérifie son téléphone pour obtenir des informations et des données pour étayer ses opinions. Dans la dernière partie de l’interview, il fixe l’appareil et dit : « Regardez ça », tout en montrant l’écran, où l’on peut lire le titre d’un média national rapportant le dernier joyau des Carabineros : deux policiers abandonnent un homme mourant juste à côté du service de médecine légale à Calama (Nord du Chili),. « On a toujours dit que les Carabineros ne pouvaient pas faire plus. Mais cette police va toujours un cran plus bas », conclut-il. 

Un informe detalla el gran peligro de los gases lacrymogenos.

La Asociación de Toxicologia Quimica París (ATC) pública un informe sobre los efectos tóxicos a corto y largo plazo del gas CS.

De Emmanuelle Anizon

Publicado el 27 de Junio 2020

Son 126 paginas y representan más de un año del trabajo de Alexander Samuel. 

« L’Obs » había sido el primer diario nacional en realizar el retrato de este profesor de matemática de liceo y también doctor en biología molecular quien un poco por casualidad encabezó un grupo de personal médica para realizar toma de sangre y orina a los manifestantes de las marchas de los chalecos amarillos en Francia. 

La meta de estas análisis estaba de demostrar la presencia de cianuro en el cuerpo de la gente expuesta al gas CS y luego detallar las consecuencias para la salud.

« La pregunta de la nocividad del gas lacrymogeno es muy común en todas partes del mundo. Pero nunca se había investigado de esta manera, con ademas este esfuerzo de sintetizar una gran suma de información », menciona André Picot, el presidente de ATC. « De hecho, gran mayoría de estos estudios no están accesible ya que reservada al sector militar. Este informe tiene un verdadero interés de salud pública ». 

En todo caso, no se puede negar que es un tema estrechamente ligado al contexto mundial actual donde es común que las marchas y protestas acaban ahogandose en unas nubes de gases lacrymogenos.

Que dice el informe ?

Pasando de largo las análisis muy complejas y técnicas de biología pura, el informe detalla los efectos del gas CS y más precisamente el papel del cianuro en su nocividad.

Está establecido que cada molécula de gas lacrymogeno se metabolisa en el cuerpo en dos moléculas de cianuro. Eso pasa después de inhalar el gas pero también por vía cutánea (contacto de la piel con el gas CS o con el agua del carro lanza agua que lleva CS en algunos países – Chile por ejemplo)

El informe describe el mecanismo del cianuro (que provoca entre otras consecuencias, un bloqueo del aparato respiratorio y un estrés oxidativo) y detalla lo que pasa en el cuerpo cuando el cianuro está presente, incluso en dosis bajas.

Esta molécula toca en prioridad al cerebro, el hígado, los riñones y daña los ojos (riesgo de cataratas). Afecta al sistema nervioso central (dolor de cabeza, ansiedad, mareos, confusión pérdida de conciencia, parálisis hasta coma), el sistema respiratorio (hiperventilación, taquipnea, disnea o apnea sin casos extremos), el sistema cardiovascular (hipotensión, palpitaciones, arritmias, taquicardia… ), también causa daño tiroideo, gastrointestinal (gastrointestinales (náuseas y vómitos, diarrea), musculoesqueléticos (rigidez muscular), hepáticos… 

En el New Jersey, el « department of health » llama a los manifestantes expuestos a los gases a realizar análisis medical del hígado y riñones. « Porque no es así en Francia ? » pregunta Alexander Samuel. 

« Por razones políticas, el ámbito científico de este tema no está suficientemente explorado »

Muertos?

En su informe, Alexander Samuel menciona eventos pasados durante los cuales el gas CS podría haber matado, directamente o indirectamente. 

« En varias ocasiones, el vínculo ha sido establecido por observadores,  después de eso hubieron debates pero rara vez la prueba fue presentada de manera muy clara. En Estados Unidos hace poco, una mujer, joven, falleció de una complicación pulmonar después de haber participado a una marcha. Se ha dicho que los gases lacrymogenos fueron el responsable de esta muerte, pero despues, ya no se decía eso… Nunca se va a saber de manera indiscutible. En Francia esta el caso de Steve Maia Caniço, ahogado en el rio La Loire, en Nantes, mientras que la policía disparó 33 bombas lacrymogenos en menos de media hora para desalojar los participantes de una fiesta ubicada al lado del río. Es muchísimo gas, lo suficiente para generar mareos, confusión, perdida de conciencia… Cuando después de varios días se encontró su cuerpo en el río, no se realizaron análisis para medir la cantidad de gas inhalado lamenta Alexander.

El autor de este estudio espera que su trabajo científico podrá generar una toma de conciencia.

« El informe, las análisis, todo eso hace nacer más preguntas, dudas y críticas. Me interesaría mucho que otras personas tomen las riendas de esta investigación y podamos avanzar en este tema de salud publica».

Esperando este momento, Alexander sigue intercambiando con otros científicos, sociologo, asociación como Amnesty International por ejemplo y también ha entregado capacitación sobre el peligro del gas CS … incluso a unos grupos de Carabineros chilenos !

Emmanuelle Anizon

Nouveau protocole des Carabineros au Chili : Moins de produits chimiques et d’éléments mécanisés ; plus d’eau, d’infanterie et de caméras vidéo.

El Mercurio
Presse écrite
Édition National, Cahier C, page 6
Vendredi 14 Mai 2021
De Lorena Cruzat

Les nouvelles mesures s’inscrivent dans le cadre du plan de modernisation de la police, a déclaré le sous-secrétaire à l’Intérieur Juan Francisco Galli : « Tout un changement a été opéré dans les moyens mis à la disposition des Carabineros.

« Cela montre que le processus de réforme des Carabineros est en cours, qu’il se fait à travers différentes mesures. Il s’agit en partie de traduire les enseignements tirés apprises en procédures formelles. Transformer ce que nous avons appris au cours de ces mois de contrôle de l’ordre public en un protocole qui permet aux citoyens d’avoir l’assurance que ce sont les règles que suivront les Carabineros lors de ce type de contrôle ».

De cette manière, le sous-secrétaire de l’Intérieur, Juan Francisco Galli, confirme l’élaboration du nouveau protocole concernant le contrôle de l’ordre public sur lequel la police en uniforme, ainsi que le gouvernement et d’autres organismes tels que l’INDH et le Médiateur des Enfants, travaillent depuis plusieurs mois. Le document réglementera les procédures policières en cas de manifestations, de troubles et d’actes de violence sur la voie publique.

Les tactiques ne sont plus les mêmes. Les Carabineros devront désormais utiliser moins de produits chimiques – comme les gaz lacrymogènes tirés par des carabines ou par des véhicules motorisés – et d’éléments mécanisés – comme les véhicules utilisés pour disperser les manifestants.

Au lieu de cela, le nouveau protocole prévoit une plus grande utilisation de l’eau pour contrôler les débordements, le déploiement d’un plus grand nombre de fantassins et d’agents à pied, et l’utilisation de caméras pour enregistrer les preuves qui peuvent appuyer les arrestations effectuées sur le terrain, comme les images utilisées cette semaine pour condamner trois personnes à des peines de prison pour avoir lancé des cocktails Molotov pendant la crise sociale.

Selon M. Galli, « des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les équipements de sécurisation des preuves, qui permettent d’identifier, de filmer et de photographier ceux qui commettent des crimes graves dans le cadre d’une manifestation, afin que les preuves puissent être présentées au tribunal ».

Cinq semaines sans incident

Pour le sous-secrétaire de l’Intérieur, ces changements portent déjà leurs fruits. « L’un des axes prioritaires de la réforme est précisément le contrôle de l’ordre public et cela a impliqué une série de changements qui ont été apportés par les Carabineros à la manière dont il est contrôlé et qui ont probablement eu un impact puisque depuis plus de cinq semaines nous n’avons pas eu d’incidents sur la Plaza Baquedano. Cela a déjà commencé au début de l’année 2020, lorsqu’un changement a été opéré dans les moyens mis à la disposition des Carabineros, en leur fournissant plus de canons à eau : une tactique différente », explique Galli.

Et il ajoute que « lorsqu’il y a des manifestations dans des zones de propriété publique nationale,
la police informe des endroits qui peuvent être utilisés à cette fin, de sorte qu’une manifestation légitime puisse être clairement distinguée des actions violentes qui ne devraient pas être permises et qui constituent des délits. Des progrès ont donc également été réalisés dans ce domaine.

Suggestions de l’INDH et du Bureau du Médiateur des enfants

Alors que le directeur général des Carabineros, Ricardo Yáñez, assure que « pour tout le monde, ce doit être une énorme satisfaction que le centre de Santiago ait pu revenir à une vie normale. La situation a touché de nombreuses personnes, de nombreuses familles, de nombreuses entreprises et a affecté le développement normal de la capitale de notre pays », il ajoute que « les mesures qui ont été adoptées ont eu un certain effet. En ce qui concerne le contrôle de l’ordre public, nous sommes en train de nous restructurer depuis un certain temps déjà, non seulement en ce qui concerne l’administration des unités, mais aussi en ce qui concerne les aspects logistiques, les tactiques et les stratégies opérationnelles qui sont utilisées pour faire face au phénomène du désordre public à Santiago ».

Yáñez affirme que « la partie renseignement a été grandement renforcée, pour pouvoir anticiper, en fonction de la lecture de l’information qui se trouvait dans les sources ouvertes et en surveillant celles qui avaient une plus grande véracité, en fonction de l’appel à la manifestation, pour pouvoir définir le type d’événement qui allait se développer et déployer nos ressources en conséquent ».

En Mars, les Carabineros ont lancé une stratégie de « renforcement de l’infanterie » avec davantage de troupes à pied pour empêcher les manifestations violentes de pénétrer dans le quartier de la Plaza Baquedano.

Concernant le nouveau cadre d’action en matière de maintien de l’ordre public, il explique « qu’un protocole a été élaboré en mars 2019 et que, plus tard en 2020, un réajustement a été apporté à ce document, notamment dans l’utilisation du fusil anti-émeute. Il y a maintenant l’incorporation de nouveaux éléments pour le contrôle de l’ordre public, liés à la nouvelle stratégie d’utilisation des moyens que nous avons et qui doivent être pris en compte dans un manuel d’opérations, qui est d’ailleurs en plein développement ».

Les modifications portent, par exemple, sur les « éléments mécanisés qui utilisent le spray au poivre ». Le directeur général conclut que « tous les éléments évalués par différentes organisations, telles que l’INDH et le bureau du Médiateur des Enfants, seront incorporés dans ce manuel d’opérations ».

Citation :

« Tous les éléments évalués par les différentes agences, comme l’INDH (Institut National des Droits de l’Homme) et le Bureau du Médiateur de l’Enfance, sont incorporés dans ce manuel d’opérations qui doit être construit une fois que les protocoles seront définitivement approuvés ».

Ricardo Yáñez

Directeur général des Carabineros

« L’un des axes prioritaires de la réforme est précisément le contrôle de l’ordre public et cela a impliqué une série de changements apportés par les carabiniers à la manière dont il est contrôlé ».

Juan Francisco Galli

Sous-secrétaire d’État à l’Intérieur