Tous les articles par alex

Protection against tear gas

Equipment

Tear gas is actually not a gas, but consists of solid particles in suspension. The average diameter is 8 microns, larger than the 3 microns of most filters block, so an A-P3 filter is enough to protect your airways.

To check if the mask is properly adjusted, block the air inlet where the filter is located with your hand and check if you can breathe: if it is the case, air passes through the sides and the mask is not adjusted tightly enough.

Résultat de recherche d'images pour "lunettes chantier étanches""

Protective goggles must be waterproof, to avoid the penetration of solid particles. However, it is better to take impact resistant glasses (risk of shots from rubber bullets), swimming pool glasses can cause damage by breaking.

film étirable manuel cast 15 microns 300 m x 450 mm

To protect themselves from skin penetration, some use plastic film, or put on gloves and waterproof clothing…

Extinguish pellets

Water
Traffic cone
Pellet Trap
Campden tablets could be added to water for better efficiency

Post Exposure

After exposure, it is important to take a COLD shower to avoid opening of skin pores and letting the molecules in.
Clothing should be removed as soon as possible and then insulated or washed. In case of young children exposure, it may be useful to remove the clothes immediately and put on a survival blanket. Exposure should be minimized by removing contaminated clothing which may come into contact with the child, including that of adults nearby.

Post exposure products

We do not recommend the use of any of these products, we only list the products already used, recommended by some or existing.

CS is more irritating at high temperatures, and can only irritate in the presence of water (humidity, sweat, etc.). US soldiers use a decontamination technique which consists of drying the exposed area off, then applying decontaminant and washing it off.

In the field, many techniques have been developed, here are their advantages and disadvantages. We do not recommend the use of any of these products, and all drugs or medical devices should only be taken in the presence of a doctor.

Following exposure to tear gas, washing / rinsing using a Gaviscon® or Maalox® mixture with water in the presence of a doctor will reduce the burning sensation of the skin and mouth and prevent product penetration. An alcohol-free cleansing wipe can be used to remove as much product as possible from the skin. However, in case of excessive application, these products are irritants.
The use of Dacryoserum® in the presence of a doctor will only serve to dissolve the product in the eyeball, but in no case will prevent its penetration.
If rinsed with water, it must be cold in order to avoid an opening of the pores which would favor penetration of the product. The skin should be rubbed without irritating it. This action is to be carried out at the end of the day. Do not use soap at first. Take the opportunity to rinse your mouth and throat (by gargles) and eyes. Also rinse hair thoroughly before using a mild shampoo.
Eye and skin washed with Diphoterine® in the presence of a doctor, an aqueous solution containing amphoteric salts are recommended by some and rejected by others. Two views clash because, according to certain industrial hygiene specialists and certain chemists, this neutral pH product does not contain any particular or special products which can prove its usefulness.

Post-Cyanide exposure

To prevent risks due to exposure to cyanide by CS gas metabolism, André Picot, a famous french chemist, gave us dietary advice

The elements below are used in large quantities by the body to get rid of cyanide produced by the metabolism of CS gas, which ultimately leads to deficiencies and fatigue. We have completed the initial list of recommended foods. You can recover these elements by a simple and natural means: alimentation:

SULFUR: parsley, radishes, leeks, beans, lentils all foods containing natural sulfur garlic, onion, shallots, chives, cabbage, turnips, tap water, mineral water (especially those containing sulfates), wines (sulfites)…

B12: good quality calf’s liver (without hormones) meat, milk, kidneys, brewer’s yeast, edible seaweed, cod liver oil (in order of importance in intake: liver, caviar, mackerel, oysters, herring, beef , trout, tuna, sea bass, emmental, camembert, egg, plaice, fresh cottage cheese).

COBALT: cobalt food supplement in organic stores

In addition, when after manifestation you present extreme fatigue for several days, it may be useful to follow these dietary recommendations:

ZINC AND SELENIUM (anti-fatigue): broccoli, hazelnuts, nuts, almonds, chocolate, oysters, grilled wheat germ, veal liver, braised beef, dried shiitakes (mushrooms), grilled or oven-roasted squash seeds, crab, lentils, tartar or raw ground beef

ALEXANDER SAMUEL : « LES GAZ LACRYMO EMPOISONNENT »

Mardi, 5 Novembre, 2019

Emilien Urbach

Lanceur d’alerte. Le jeune biologiste niçois met en lumière des doses importantes de cyanure dans le sang des manifestants exposés à cette arme chimique.

«Du cyanure dans les gaz lacrymogènes utilisés pour le maintien de l’ordre ? Le gouvernement empoisonnerait la population ? Impensable ! » C’est la première réaction d’Alexander Samuel, enseignant en mathématiques et docteur en biologie, lorsque le gilet jaune Julien Chaize, en avril 2019, lui demande d’étudier cette hypothèse. Six mois plus tard, le jeune scientifique niçois en est persuadé, des doses non négligeables de poison circulent dans le sang des manifestants gazés.

Cette conviction dérange. Samedi 2 novembre, Alexander a été placé en garde à vue au motif qu’il serait impliqué dans une attaque symbolique, à la peinture bio, d’une banque. Il s’en défend mais reste enfermé quarante-huit heures. Son domicile est perquisitionné. Son matériel informatique et de nombreux documents sont minutieusement inspectés. Un manuel militaire de 1957, « sur la protection contre les gaz de combat », est saisi et détruit.

À l’écart, il observe les violences

Cet épisode n’est apparemment pas lié à ses recherches sur les gaz lacrymogènes. Quoi qu’il en soit, le biologiste a déjà compilé ses travaux dans un rapport. Il sera publié dans les prochains jours par l’Association Toxicologie Chimie, fondée par André Picot, directeur honoraire de l’unité de prévention du risque chimique au CNRS. Ce dernier sera cosignataire de la publication d’Alexander, aux côtés d’autres chercheurs et médecins.

Rien ne laissait présager un tel résultat quand, au début du printemps, Alexander se rend pour la première fois à une manifestation de gilets jaunes. « J’étais méfiant, avoue-t-il. Dans les Alpes-Maritimes, l’extrême droite était très présente au début du mouvement et mes convictions écologistes étaient en contradiction avec les revendications liées aux taxes sur le carburant. » Curieux, il se rend cependant au rassemblement organisé le 23 mars, à Nice.

À l’écart, il observe les violentes charges de police au cours desquelles la responsable d’Attac, Geneviève Legay, est gravement blessée. Alexander n’assiste pas directement à la scène mais il voit les street medics, ces secouristes militants qui interviennent lors des manifestations, empêchés d’intervenir et se faire interpeller. Alexander filme. Il est immédiatement placé en garde à vue. C’est sa première fois.

« J’ai été choqué, confie le scientifique. Les conditions de ma détention, les mensonges d’Emmanuel Macron et du procureur concernant Geneviève Legay ont fait que je me suis solidarisé avec le mouvement. » Il décide de rassembler tout ce qui pourrait permettre de rétablir la vérité et de le transmettre à des gilets jaunes qui entendent saisir l’ONU. Parmi eux, Julien Chaize veut le convaincre de se pencher sur le cas d’une manifestante qui, à la suite d’une exposition aux gaz lacrymogènes, affichait un taux anormalement élevé dans le sang de thiocyanate, molécule formée après l’assimilation du cyanure par le foie.

C’est un cas isolé. Impossible pour Alexander d’y voir la preuve d’un empoisonnement massif de la population. Incrédule, il participe cependant à d’autres manifestations et observe les réactions des personnes exposées aux gaz. Vomissements, irritations, désorientation, perte de connaissance… ces fumées ne font pas seulement pleurer.

Alexander consulte la littérature scientifique. Le composant lacrymogène utilisé en France est le 2-Chlorobenzylidène malonitrile. Comme il est considéré comme arme chimique, son emploi est interdit dans le cadre de conflits armés. Pas pour le maintien de l’ordre. Pour le biologiste, le verdict est clair, cette molécule, une fois présente dans le sang, libère du cyanure. Plusieurs études, depuis 1950, l’affirment. Aucune ne dit le contraire. Mais ce poison est également présent dans les cigarettes et dans une multitude d’aliments. Sa dangerosité est donc une question de dosage. Comment le mesurer ?

Alexander et trois médecins gilets jaunes proposent alors aux manifestants de faire analyser leur sang afin de déterminer un taux de thiocyanate. Mais ce marqueur n’est pas assez fiable. Il faut quantifier le cyanure. Or, le poison n’est détectable dans le sang que pendant quelques dizaines de minutes. Munis de kit d’analyses, d’ordonnances et de formulaires à faire signer par les candidats à un examen, ils décident de faire des prises de sang et d’urine directement pendant les manifestations du 20 avril et du 1er Mai.

Les résultats sont édifiants

Les résultats des premiers prélèvements confirment bien la présence importante de cyanure, mais n’en donnent pas le dosage précis. Le 8 juin, à Montpellier, l’équipe perfectionne son protocole. Alexander, les trois médecins et quelques complices se font eux-mêmes cobayes de leur expérience. Ils testent leur sang avant la manifestation puis après. Les résultats sont édifiants. La communauté scientifique considère l’empoisonnement au cyanure à partir de 0,5 mg par litre de sang et sa dose mortelle à 1 mg. Parmi les personnes testées, deux affichent des taux voisins de 0,7 mg par litre.

Leur démarche inquiète certains gilets jaunes et dérange les autorités. Alexander et les trois médecins font, depuis mai, l’objet d’une enquête préliminaire pour « violence aggravée et mise en danger de la vie d’autrui ». L’affaire suit son cours. Les chercheurs-suspects ont même été entendus, pendant l’été, par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Alexander a subi une nouvelle garde à vue au mois de septembre. Ils ont reçu de nombreuses menaces. Mais rien ne les a empêchés de continuer. La population doit être informée. Les policiers, eux-mêmes exposés, doivent savoir. La vérité doit éclater.

Émilien Urbach

Gilets jaunes: le biologiste qui enquête sur les gaz lacrymogènes arrêté

Lien vers l’article

Samedi 26 octobre, Alexander Samuel, un biologiste qui enquête sur les conséquences du gaz lacrymogène utilisé en masse durant les manifestations des Gilets jaunes, a été arrêté et son matériel perquisitionné, alors qu’il se rendait à un rendez-vous. Il témoigne pour Sputnik.

Alexander Samuel, docteur en biologie moléculaire et professeur de maths, a été arrêté samedi 26 octobre place Masséna à Nice. Ce samedi-là, alors qu’il allait rejoindre une amie, il s’est retrouvé au milieu d’une action dénonçant l’évasion fiscale de la Société Générale et ses investissements dans les énergies fossiles, menée par des Gilets jaunes et des membres des organisations Extinction Rebellion et Attac. Ils ont jeté sur une agence de la banque du blanc de Meudon, un lave-vitre bio, teint avec du charbon. Un mélange qui s’enlève à l’eau, relève Alexander Samuel, avant de raconter son histoire:

«J’attendais mon amie place Masséna, où avait lieu l’action contre la Société Générale, lorsqu’un policier m’a approché et m’a arrêté, affirmant que j’avais participé à l’action en balançant du liquide. Je ne dis pas qu’il connaît mon enquête sur les gaz lacrymo et qu’il m’a reconnu, mais il a menti, je n’ai jamais participé à l’action dont on m’accuse.»

Arrivé au poste, le biologiste appuie sur le fait que c’est une erreur, demandant aux policiers d’appeler son amie qui pourra confirmer le rendez-vous et de regarder les caméras de vidéosurveillance. Une procédure pour dégradation est lancée, Alexander Samuel est placé en garde à vue. Les policiers n’appelleront jamais l’amie en question, prénommée Christelle. Elle confirme à Sputnik.

«C’est bien moi qui ai donné rendez-vous à Alexander place Masséna à Nice. Mais comme à mon habitude, j’étais en retard, et il a dû traîner sur la place en m’attendant. Arrivée sur place, les policiers l’avaient déjà arrêté. Les policiers ne m’ont jamais contacté pour confirmer le rendez-vous, ça m’a un peu étonné.»

Le matériel et les données d’enquête du biologiste ont été perquisitionnés par la police. Il a partagé la liste sur Facebook: une clé USB avec ses cours et ses travaux sur les gaz lacrymo, plusieurs livres sur les gaz lacrymogènes, sa tenue de street médic détruite, etc.

Alexander Samuel a précisé détenir chez lui des capsules vides de gaz ramassés lors des manifestations. Ce à quoi un policier a réagi:

«Vous savez que c’est une arme de guerre et que vous risquez trois ans de prison?» «C’est beau d’apprendre que Macron utilise des armes de guerre sur les citoyens», rétorque Alexander Samuel.

Le biologiste a été relâché au bout de 48 h de garde à vue, aucun élément ne permettant de justifier son arrestation

Depuis plusieurs mois déjà, ce biologiste rentre volontairement dans les nuages de fumée et effectue des tests sanguins et urinaires, pour constater les effets du gaz lacrymogène utilisé à chaque manifestation par les forces de police, qu’il s’agisse de celles des Gilets jaunes ou de celle des pompiers. Ses conclusions concernant la présence de cyanure dans les gaz lacrymogènes sont disponibles sur son site, mais aussi en vidéo, comme celle présentée ci-dessous.

Alexander Samuel ne voit pas de rapport entre la dégradation dont il est accusé et la saisie de son matériel informatique et de ses données par les forces de l’ordre. Des travaux qui dérangent?

L’avocat et journaliste Juan Branco a confirmé l’information sur les réseaux sociaux.

Gelbe Westen: Der Biologe, der Tränen Gas untersucht, wurde festgenommen

Am Samstag, den 26. Oktober, wurde Alexander Samuel, ein Biologe, der die Folgen des massenhaften Einsatzes von Tränengas während der Demonstrationen der Gelben Weste untersucht, verhaftet und seine Ausrüstung auf dem Weg zu einem Termin durchsucht. Er sagt für Sputnik aus.

Alexander Samuel, Doktor der Molekularbiologie und Mathematiklehrer, wurde am Samstag, den 26. Oktober, auf der Place Masséna in Nizza verhaftet. An diesem Samstag, als er sich einem Freund anschließen wollte, befand er sich mitten in einer Aktion, die die Steuerhinterziehung der Société Générale und ihre Investitionen in fossile Brennstoffe anprangerte, angeführt von den gelben Jacken und Mitgliedern der Rebellion der Ausrottung und der Attac-Organisationen. Sie warfen einen mit Kohle gefärbten organischen Fensterputzer in eine Filiale der Bank du blanc de Meudon. Eine Mischung, die mit Wasser entfernt werden kann, bemerkt Alexander Samuel, bevor er seine Geschichte erzählt:

« Ich wartete auf meinen Freund am Place Masséna, wo die Aktion gegen die Société Générale stattfand, als ein Polizist auf mich zukam und mich anhielt, indem er behauptete, ich hätte an der Aktion teilgenommen, indem ich mit Geld geworfen habe. Ich sage nicht, dass er von meiner Tränengasuntersuchung weiß und dass er mich erkannt hat, aber er hat gelogen, ich habe nie an der Aktion teilgenommen, der ich beschuldigt werde ».

Als er auf der Station ankommt, drückt der Biologe darauf, dass es sich um einen Fehler handelt, und bittet die Polizei, seinen Freund anzurufen, der den Termin bestätigen kann, und sich die Videoüberwachungskameras anzusehen. Ein Verfahren zur Degradierung wird eingeleitet, Alexander Samuel wird in Gewahrsam genommen. Die Polizei wird niemals die betreffende Freundin namens Christelle anrufen. Sie bestätigt Sputnik.

« Ich war es, der sich mit Alexander an der Place Masséna in Nizza verabredet hat. Aber wie immer kam ich zu spät, und er musste auf dem Platz auf mich warten. Als er an Ort und Stelle ankam, hatte die Polizei ihn bereits verhaftet. Die Polizei hat mich nie kontaktiert, um den Termin zu bestätigen. Ich war etwas überrascht. »

Die Ausrüstung des Biologen und die Ermittlungsdaten wurden von der Polizei durchsucht. Er teilte die Liste auf Facebook: ein USB-Stick mit seinen Vorträgen und Arbeiten über Tränengas, mehrere Bücher über Tränengas, seine zerstörte medizinische Straßenkleidung usw. Er teilte die Liste auch mit der Polizei.

Alexander Samuel sagte, er habe leere Gaskapseln in seinem Haus, die während der Demonstrationen gesammelt wurden. auf die ein Polizist reagiert hat:

« Wissen Sie, dass dies eine Kriegswaffe ist und Ihnen drei Jahre Gefängnis drohen? » « Es ist schön zu erfahren, dass Macron Kriegswaffen gegen die Bürger einsetzt », sagte Alexander Samuel.

Der Biologe wurde nach 48 Stunden in Polizeigewahrsam entlassen, ohne dass es Beweise gab, die seine Verhaftung rechtfertigten.

Seit einigen Monaten steigt der Biologe freiwillig in die Rauchwolken ein und führt Blut- und Urinproben durch, um die Wirkung des Tränengases zu sehen, das bei jeder Demonstration der Polizeikräfte, ob in den gelben Westen oder denen der Feuerwehr, eingesetzt wird. Seine Schlussfolgerungen bezüglich des Vorhandenseins von Zyanid in Tränengas sind auf seiner Website, aber auch in Videos, wie dem untenstehenden, verfügbar.

Alexander Samuel sieht keinen Zusammenhang zwischen der ihm vorgeworfenen Degradierung und der Beschlagnahme seiner Computerausrüstung und Daten durch die Strafverfolgungsbehörden. Stören Sie die Arbeit?

Anwalt und Journalist Juan Branco bestätigte die Informationen in den sozialen Medien.

Une étude de « gilets jaunes » se penche sur les effets du gaz lacrymogène sur la santé

Lien vers l’article

Lors de l’acte 8 des « gilets jaunes », le 5 janvier 2019, à Paris. (ABDULMONAM EASSA / AFP)

« L’Obs » publie en exclusivité une synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes » sur les problèmes de santé rencontrés par les manifestants ayant été exposés plusieurs fois au gaz lacrymogène. Le toxicologue André Picot commente les résultats.

Par Emmanuelle AnizonPublié le 07 août 2019 à 10h02

Le gaz lacrymogène est-il dangereux ? Quels sont ses effets à long terme ? La question revient avec insistance, alors que les forces de l’ordre l’utilisent de plus en plus massivement, comme on l’a vu lors des manifestations de « gilets jaunes » ou lors de la fatale Fête de la musique à Nantes. Alors qu’il existe peu de littérature scientifique sur ce sujet, et que la direction générale de la police nationale exclut tout danger, « l’Obs » a déjà relaté les recherches sur le terrain d’Alexander Samuel, prof de maths et docteur en biologie, et de trois médecins.Alexander Samuel, l’homme qui enquête sur le gaz lacrymogène utilisé contre les « gilets jaunes »

Nous publions maintenant le travail inédit d’une équipe de « gilets jaunes », qui a synthétisé 47 témoignages (recueillis entre le 5 avril et le 7 juillet) de personnes attestant d’effets secondaires persistants, certains ayant entraîné une hospitalisation. « Ces personnes (60 % de femmes) ont été exposées au gaz CS [le gaz lacrymogène utilisé par la police, NDLR] à de multiples reprises, explique Soizic, qui a recueilli les témoignages. Nous leur avons demandé de nous décrire leurs symptômes sur trois temps. T1 : les réactions pendant exposition ; T2 : après l’exposition jusqu’au coucher ; T3 : dans les semaines et les mois qui ont suivi. Nous continuerons de les suivre et nous sommes preneurs d’autres témoignages, il suffit de contacter l’équipe sur notre page Facebook Gaz Lacrymogène. »

« L’Obs » a demandé au toxicologue André Picot, président de l’Association toxicologie-chimie, directeur de recherche honoraire du CNRS, expert français honoraire auprès la Commission européenne pour la fixation des normes des produits chimiques en milieu de travail, de commenter les résultats :

« Ce travail est très intéressant, il fait apparaître des éléments nouveaux par rapport à ce que l’on savait.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes » à partir de 47 témoignages recueillis entre le 5 avril et le 7 juillet.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes » à partir de 47 témoignages recueillis entre le 5 avril et le 7 juillet.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes » à partir de 47 témoignages recueillis entre le 5 avril et le 7 juillet.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes » à partir de 47 témoignages recueillis entre le 5 avril et le 7 juillet.

Dans ces tableaux, on reconnaît les effets immédiats du “CS”,gaz irritant total, qui agit très vite, provoque des larmoiements, des suffocations. Il irrite les yeux, les voies respiratoires et la peau éventuellement. Les symptômes décrits correspondent pour la plupart à ceux que l’on trouve dans la littérature internationale, laquelle est nourrie essentiellement par les militaires. Notre association les a d’ailleurs recensés dans une fiche (PDF), qui devrait être réactualisée très prochainement.

Je rappelle que le gaz CS rentrant dans l’organisme est immédiatement transformé en malonitrile, qui se transforme enanioncyanure. Ce dernier entraîne une asphyxie des cellules nommée anoxie. Notre système de défense peut faire face à des agressions au cyanure sur de petites doses. Mais quand celles-ci sont concentrées et répétées ? Notre capacité à nous défendre dépend de l’intensité de l’intoxication, mais aussi de notre condition physique. Ce manque d’oxygénation a forcément des conséquences à court et plus long terme dans le corps, mais, au contraire du monoxyde du carbone dont on connaît très bien les intoxications à long terme, il y a peu de choses publiées sur celles liées au cyanure.

Certains troubles évoqués dans cette synthèse peuvent être spécifiquement liés aux effets du cyanure :

  • locomoteurs : les témoignages évoquent des douleurs musculaires. Les muscles sont effectivement de très gros consommateurs d’oxygène.
  • cardiovasculaires : les témoignages parlent d’arythmie, tachycardie, bradycardie… De fait, le cœur est un muscle particulièrement demandeur en oxygène.
  • thyroïdiens : le cyanure est un perturbateur endocrinien. Or les glandes endocrines (dont la thyroïde) semblent très sensibles aux agressions chimiques, on l’a vu notamment avec le Levothyrox, où il a suffi d’un changement d’excipient pour perturber les patients.
  • hépatiques et rénaux : on pourrait être étonné par les troubles hépatiques, de même que par les atteintes rénales décrites. Sauf que le cyanure est un agresseur global de l’organisme, il provoque un épuisement global des cellules de l’organisme…

J’aimerais m’arrêter sur un effet décrit très étonnant : les troubles gynécologiques.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes ». Vingt-huit femmes ont été interrogées, dont 13 femmes ménopausées.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes ». Vingt-huit femmes ont été interrogées, dont 13 femmes ménopausées.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes ». Vingt-huit femmes ont été interrogées, dont 13 femmes ménopausées.

Tableau issu de la synthèse réalisée par une équipe de « gilets jaunes ». Vingt-huit femmes ont été interrogées, dont 13 femmes ménopausées.

27 % des femmes non ménopausées qui témoignent ont leurs cycles perturbés, et 33 % des femmes ménopausées ont des saignements ressemblant à un retour de règles, sans parler des douleurs, des problèmes de stérilet… Il semblerait que les produits de biotransformation du gaz CS (cyanure et autres produits secondaires…) soient des perturbateurs endocriniens. Et que les femmes soient des cibles privilégiées de ces perturbateurs. Ce phénomène n’avait pas été signalé dans la presse scientifique, il demande à être étudié plus en détail. Je suis toxicochimiste, pas médecin, mais vraiment, ce travail très intéressant justifierait d’être complété par des études fondamentales précises suivies d’études épidémiologiques. »

Emmanuelle Anizon

Acute tear gas health hazards pointed by a French health report

Link to article

The French society of toxicology just published a report about “tear gas usage and its short and long term toxic effects”. L’Obs exclusively released this document.

By Emmanuelle Anizon

Published June 27th 2020 at 9 a.m., update 9:45 a.m.

A man throws a tear gas grenade back, in Bordeaux, December 5 2019. (NICOLAS TUCAT / AFP)

French society of toxicology-chemistry, Paris, published a report about “tear gas usage and its short and long term toxic effects”. 126 pages, over a year of hard work by Alexander Samuel. L’Obs was already the first magazine to publish a portrait of this maths high school teacher, PhD in molecular biology, and disheveled haired itching powder who accidentally leaded a healthcare team in doing blood and urine analysis on Yellow Vests Movement protestors in France, to detect presence of Cyanide in tear gas, and its consequence on public health.

“Tear gas harmfulness has already been largely questioned worldwide, but such a review had never been written, says André Picot, head of the Society Of Toxicology-Chemistry. Most of the studies are not publicly available because they are limited to the military domain. This work is of public interest”. Burning hot news, while protesters are drowning in tear gas clouds every day around the world.

What does this review say? Outside of technical biological analysis, which we will not comment out of complexity, this review describes tear gas effects and highlights the importance of cyanide in producing those effects. Each CS tear gas molecule that is absorbed will release two cyanide molecules. Absorption is not only respiratory, but can also be cutaneous.

This review describes the mechanism of cyanide poisoning (blocking the respiratory chain and causing an oxidative stress), and details what happens to the human body even at low dose intoxication. This molecule mainly affects brains, livers and kidneys. Eyes would also be affected (cataract…). It has an effect on central nervous system (headache, anwiety, dizziness, confusion, loss of consciousness, paralysis and even coma), on the respiratory tract (hyperventilation, tachypnea, dyspnea or apnea in extreme cases), on the cardiovascular system (hypotension, palpitations, arrythmia, tachycardia…), and even causing damage to thyroid, gastro-intestinal system (nausea, vomiting, diarrhea), musculo-skeletal system (muscular rigidity), liver… In New Jersey, the Department of Health calls protesters who are exposed to check up their livers and kidneys. “Why is nothing done in France? Asks Alexander Samuel. For political reasons, the scientific aspect is not explored.”

Deaths ?

In his review, Alexander Samuel reminds events in which CS could have caused death, directly or indirectly. “A link is often established by families and friends between tear gas exposure and death, but there are often discussions and there is rarely clear evidence. Recently in the United States, a young woman died from a pulmonary issue just after a demonstration with strong tear gas exposure. It was first said it might be due to tear gas, then discussed… We will probably never know. In France, Steve Maïa Caniço, a young man from Nantes drowned in June 2019 after falling in the Loire river during the music fest in June 2019. This happened just after a police charge with at least 33 tear gas grenades in les than half an hour. Enough to disorient someone… And yet, I regret no forensic analysis

Alexander Samuel hopes his work will trigger more awareness.

“What I have written interrogates. I would like other people to start working on answering those questions I raise.”

He still goes on interacting with scientists, sociologists, and Non-Governmental Organizations (like Amnesty International, who just launched a website dedicated to tear gas). He already teaches dangers of using tear gas through web conferences to police officers… from Chile.

Emmanuelle Anizon

Un informe detalla el gran peligro de los gases lacrymogenos.

La Asociación de Toxicologia Quimica París (ATC) pública un informe sobre los efectos tóxicos a corto y largo plazo del gas CS.

De Emmanuelle Anizon

Publicado el 27 de Junio 2020

Son 126 paginas y representan más de un año del trabajo de Alexander Samuel. 

« L’Obs » había sido el primer diario nacional en realizar el retrato de este profesor de matemática de liceo y también doctor en biología molecular quien un poco por casualidad encabezó un grupo de personal médica para realizar toma de sangre y orina a los manifestantes de las marchas de los chalecos amarillos en Francia. 

La meta de estas análisis estaba de demostrar la presencia de cianuro en el cuerpo de la gente expuesta al gas CS y luego detallar las consecuencias para la salud.

« La pregunta de la nocividad del gas lacrymogeno es muy común en todas partes del mundo. Pero nunca se había investigado de esta manera, con ademas este esfuerzo de sintetizar una gran suma de información », menciona André Picot, el presidente de ATC. « De hecho, gran mayoría de estos estudios no están accesible ya que reservada al sector militar. Este informe tiene un verdadero interés de salud pública ». 

En todo caso, no se puede negar que es un tema estrechamente ligado al contexto mundial actual donde es común que las marchas y protestas acaban ahogandose en unas nubes de gases lacrymogenos.

Que dice el informe ?

Pasando de largo las análisis muy complejas y técnicas de biología pura, el informe detalla los efectos del gas CS y más precisamente el papel del cianuro en su nocividad.

Está establecido que cada molécula de gas lacrymogeno se metabolisa en el cuerpo en dos moléculas de cianuro. Eso pasa después de inhalar el gas pero también por vía cutánea (contacto de la piel con el gas CS o con el agua del carro lanza agua que lleva CS en algunos países – Chile por ejemplo)

El informe describe el mecanismo del cianuro (que provoca entre otras consecuencias, un bloqueo del aparato respiratorio y un estrés oxidativo) y detalla lo que pasa en el cuerpo cuando el cianuro está presente, incluso en dosis bajas.

Esta molécula toca en prioridad al cerebro, el hígado, los riñones y daña los ojos (riesgo de cataratas). Afecta al sistema nervioso central (dolor de cabeza, ansiedad, mareos, confusión pérdida de conciencia, parálisis hasta coma), el sistema respiratorio (hiperventilación, taquipnea, disnea o apnea sin casos extremos), el sistema cardiovascular (hipotensión, palpitaciones, arritmias, taquicardia… ), también causa daño tiroideo, gastrointestinal (gastrointestinales (náuseas y vómitos, diarrea), musculoesqueléticos (rigidez muscular), hepáticos… 

En el New Jersey, el « department of health » llama a los manifestantes expuestos a los gases a realizar análisis medical del hígado y riñones. « Porque no es así en Francia ? » pregunta Alexander Samuel. 

« Por razones políticas, el ámbito científico de este tema no está suficientemente explorado »

Muertos?

En su informe, Alexander Samuel menciona eventos pasados durante los cuales el gas CS podría haber matado, directamente o indirectamente. 

« En varias ocasiones, el vínculo ha sido establecido por observadores,  después de eso hubieron debates pero rara vez la prueba fue presentada de manera muy clara. En Estados Unidos hace poco, una mujer, joven, falleció de una complicación pulmonar después de haber participado a una marcha. Se ha dicho que los gases lacrymogenos fueron el responsable de esta muerte, pero despues, ya no se decía eso… Nunca se va a saber de manera indiscutible. En Francia esta el caso de Steve Maia Caniço, ahogado en el rio La Loire, en Nantes, mientras que la policía disparó 33 bombas lacrymogenos en menos de media hora para desalojar los participantes de una fiesta ubicada al lado del río. Es muchísimo gas, lo suficiente para generar mareos, confusión, perdida de conciencia… Cuando después de varios días se encontró su cuerpo en el río, no se realizaron análisis para medir la cantidad de gas inhalado lamenta Alexander.

El autor de este estudio espera que su trabajo científico podrá generar una toma de conciencia.

« El informe, las análisis, todo eso hace nacer más preguntas, dudas y críticas. Me interesaría mucho que otras personas tomen las riendas de esta investigación y podamos avanzar en este tema de salud publica».

Esperando este momento, Alexander sigue intercambiando con otros científicos, sociologo, asociación como Amnesty International por ejemplo y también ha entregado capacitación sobre el peligro del gas CS … incluso a unos grupos de Carabineros chilenos !

Emmanuelle Anizon

¿La Presidencia y el Gobierno está utilizando armas químicas contra el pueblo y la policía ? (pag 1)


¿La presidencia y el gobierno nos dan para utilizar hoy ,de nuevo, armas especiales o químicas,gases,marcadores radiactivos con el fin de contener o de neutralizar a los opositores ?
¿Hay municiones y/o agentes químicos u otros contenidos que nos dan para utilizar,que representan un peligro para la salud de nuestros colegas y de nuestros conciudadnos ?
¿Por qué no se ha dado ninguna información, ninguna advertencia pública en los medios por parte de los poderes públicos ,explicando su peligrosidad ?
Numerosas publicaciones sobre el CS (Orthochlorobenzylidenemalononitrille,agente químico que se presenta en forma de critales)no han sido comunicados desde hace algunos días como lo solicitamos,en respuesta a los numerosísimos comentarios de colegas cuyo estado de salud parece irse deteriorando radicalmente,de semana en semana ( graves problemas ORL,bronco-pulmonares,quemaduras en los ojos ,en la piel ,etc) .
Los servicios hospitalarios y de emergencias constatan las mismas heridas y síntomas graves en personas que llegan a consultarlos,manifestantes o transeúntes,que fueron sometidos a exposiciones más o menos largas a los gases de granadas lacrimógenas,granadas ensordecedoras y lacrimógenas y aerosoles lacrimógenos.

Ambos el CS y el CN provocan dermatitis y son sensibilizantes susceptibles de provocar gravísimas reacciones alergicas si hay una exposición reiterada.Los test toxicológicos han mostrado que murieron después de haber sido expuestos al CS mostraban un aumento del número de células calciformes e las vías respiratorias y en la conjuntiva ( la membrana mucosa de los ojos , a lo largo de los párpados y del globo ocular) ,necrosis (muerte de células) en las vías respiratorias y grastrointestinales,edema pulmonar (pulmones llenos de líquido) y hemorragia de la surrenal.
La muerte es debida a una alteración en la transferencia del oxígeno en la sangre provocada por un edema,una hemorragia ,y una obstrucción de las vías respiratorias en los pulmomes.En el caso de una sustancia como el CS ,la atención debe concentrarse en los productos de degradación que se producirán en el cuerpo humano.La hidrólisis en malononitrile y en ortho-chlorobenzaldéhyde es una reacción completa a 50% en alrededor de 10 minutos.
Pensamos que la malononitrile se degrada en cianuro y en thiocyanato,mientras que el resto de la moolécula se combina a la glycina y es excretada bajo forma de ácido ortho-chlorohippúrico.Vemos pues que,la malononitrile es una sustancia altamente tóxica que se encuentra en el CS .La dosis mortal para una persona de 70 kilos es estimada a menos de un gramo.
El autor Kamran Loghman era el presidente y jefe de la dirección de Zarc International Inc.(1998-2005),fabricantes de aparatos de tipo lacrimal distribuidos en el mundo entero (NDLR : es el inventor del gas MACE ,el gas pimienta inventado y producido como alternativa menos peligrosa a los gases químicos más antiguos y más peligrosos( CN ,CB,CS ,etc).
Kamran Loghman es un experto reconocido a nivel nacional en los Estados Unidos y que hizo historia en muchos juicios ante los tribunales federales estadounidenses y por sus peritajes acerca de la peligrosidad de los gases de combate y del mantenimiento del orden.


Fuente del artículo :

Las conclusiones de estos estudios científicos realizados y publicados por las más altas instancias estadounidenses einglesas demuestras lo que nuestros responsables de armas especiales ,nuestros médicos militares y los políticos que está en la confidencia,saben muy bien ,demasiado bien,desde 1952.Si un agente como el CS es plesbicitado por sus efectos lacrimógenos (que actúa sobre los tejidos conjuntivos,los ojos) pueden ser utilizado a altas concentraciones ( sobre un largo período) y así volverse sofocante,asfixiante,letal al crear embolias pulmonares y paros cardíacos.
En esas publicaciones ,las exposiciones de 8 horas son consideradas como de larga duración y muy peligrosas,tanto nuestros colegas como los manifestantes Gilets Jaunes (Chalecos Amarillos),han sido expuestos durante más de 25 días,a veces hasta 10 horas por día,es decir,250 horas.Entonces ¿Cuáles son las consecuencias a las que tenemos que prepararnos a corto,largo y mediano plazo ?
Hemos tenido acceso a los historiales médicos de soldados franceses que utilizaron este tipo de municiones en 20 misiones ,en un máximo de 1 a 4 horas y que se vieron gravemente handicapés para toda la vida en ele plano respiratorio,sus pulmones fueron quemados y sufrieron necrosis a causa de los gases que utilizaban.Dejamos a disposición de nuestros colegas una jurisprudencia que permite ,a todos los que estuvieran hoy en la misma situación, hacer valer sus derechos.
(foto documento)
Nosotros ,funcionarios de la Policía,Fuerzas del Orden ,Guardianes de la Paz,nuestro deber ,nuestro compromiso ,nuestra razón de ser,es proteger a la población y ,por lo tanto, de ejercer nuestro derecho de retirada (retractación) y nuestro deber de información si identificamos una situación de peligro o de deriva para nuestro futuro común.


PAGINA 3

Según los documentos y los hechos gravísimos que descubrimos,los materiales dichos « lacrimógenos » que nos piden utilizar en el marco de los operativos e mantenimiento del orden son muy probablemente,potencialmente,peligrosísimos,causantes de lesiones irreversibles,e incluso mortales ,en vista de la duración de exposición y de las concentraciones récords de CS a las que ,tanto nuestras fuerzas del orden, como la gran mayoría de manifestantes y de transeúntes han sido expuestos .
Tenemos muchísimas preguntas que deben ser planteadas de inmediato y exigimos respuestas inmediatas.
¿Quién asume la responsabilidad de la utilización de estos agentes químicos en forma de gas ? ¿La Presidencia de la República,nuestro Ministro ,nuestra jerarquía ?
¿Los fabricantes ,aprovisionadores de estas municiones ( bombas lacrimógenas con agente CS y solventes,granadas llamadas « lacrimógenas » con fuertes concentraciones, granadas lacrimógenas llamadas « de dispersión »,o « ensordecedoras y lacrimógenas », etc), asumen también legalmente
las consecuencias y la indemmnización de los heridos,handicapés y muertes futuras ?
¿Dónde y cuándo estas informaciones y esta formación que incluye las advertencias relativas a la duración de exposición y de concentración fueron comunicadas a nuestra jerarquía y a nuestros colegas ?
(Cuadro en inglés)
¿Porqué no todos nuestros colegas tienen máscaras de gas en su equipo ?
¿Porqué las máscaras de gas,para los que tienen,obstaculizan su visión y sus movimientos en el terreno , a tal punto que muchos colegas no se las ponen ? Además ¿Esas máscaras de gas son apropiadas al peligro que representa el agente CS ?
¿Porqué nuestros colegas gendarmes están equipados con máscaras de gas de última generación ,del mismo tipo que las usadas por los bomberos especializados en catástrofes naturales y por los militares de los regimientos NRBC,y nosotros no ?
¿Existe un protocolo de protección y de descontaminación comunicado por los fabricantes y por la Escuela Nacional de Policía a nuestros colegas ?
¿Existe un ,o unos ,productos descontaminantes reconocidos como descontaminante de CS ? y si tal fuera el caso ¿Porqué 25 semanas después,ni los fabricantes,ni los organismos de salud pública


Pagina 4

(Hospitales ,SAMU,SMUR ,Bomberos,Ministerio de Salud,etc)han informado a los ciudadanos (franceses de la existencia de esos productos a usar en caso de problemas de salud debidos a la exposición al agente CS ? ¿Porqué ningún periodista ,ningún medio informativo comunica esas informaciones ?
¿Figuran esos protocolos de protección y de descontaminación en nuestros manuales de formación de la Policía,como es el caso de los manuales de instrucción del Ejército de Tierra como el TTA 150 ?
¿Porqué en esos manuales (tales como el TTA 150) vemos todavía que las granadas son indicadas como lacrimógenas aún siendo armas de guerra prohibidas como la granada CND-CN2D modelo 1950 que contiene 2 agentes químicos voluntariamente asociados para matar ?
ESQUEMA 3.97 GRANADA LACRIMÓGENA MODELO 59
3.97.1 DESCRIPCIÓN
3.97.2 CARACTERÍSTICAS
FOTO GRANADA DE MANO LACRIMÓGENA DE MANO Mle 59
FOTO BLED 23 febrero 1961 (última página PAG 5)
Miles de soldados franceses tuvieron que utilizar esas municiones CN,CND y CN2D pero tuvieron también que utilizar otras municiones Armas Especiales para « neutralizar » los « bandoleros », « rebeldes », « sediciosos » ,pero también « los musulmanes » según los documentos que nos remitieron.Las informaciones contenidas en esos archivos son más que chocantes .
¿Nos hacen utilizar esas municiones sin que lo sepamos o las fuerzas del orden francesas pueden recibir la orden de utilizar esas municiones contra los ciudadanos franceses ?
¿Estamos sometidos a las reglas CGZ (Compañía de Ingeniería de Zona) y GAS (Reagrupamiento Armas Especiales) desplegadas secretamente entre 1954 y 1962 en Argelia que era en aquel entonces un departamento francés para « tratar » por las armas químicas y a petición de las unidades regulares (prohibir,neutralizar,etc .) lugares y personas hostiles al Poder y a sus representantes de la época en cientos de grotas y abrigos subterráneos ;pero tambien a la ocasión de inmensas manifestaciones urbanas (Orán y Argel) para apoyar a les Fuerzas del Orden tradicionales y a los militares ?
Las multiples informaciones científicas recabadas relativas a la peligrosidad cierta y probada del agente CS bajo todas sus formas (aerosol de cristales de CS diluidas en un solvente también identificado como peligroso, granada de polvo de cristales secos de CS,munición combinada explosivo y polvo de CS ,etc.) deben ser comunicadas a nuestros colegas y a los ciudadanos a fin que cada no tome sus responsabilidades y pueda , lo más pronto posible, proceder a los exámenes que se imponen.
Si sumamos el número de colegas al de los ciudadanos que han sido expuestos a esos gases en toda Francia desde noviembre 2018 ,esto representa más de 200 000 ciudadanos,lo que puede representar una verdadera catástrofe sanitaria.
Pedimos que sean clarificados nuestros deberes y nuestras responsabilidades en lo que concierne al uso de esas municiones y nuestros derechos en materia de salud,de cuidados, de seguimiento médico regular,de reconocimiento de invalidez eventual y de indemnización.
« En este momento ,se pone cada vez más de moda utilizar productos químicos sobre las personas que expresan una opinión .En mi opinión esto muestra que nos vemos desbordados ^por los acontecimientos en la policía y que las personas que pueden tratar la raíz del problema no quieren hacerlo y prefieren tirar gases sobre las personas con el fin de calmarlas un poco.El gas CS no fue concebido para ser usado de esta manera.No está diseñado para resolver problemas ni para calmas a la gente » Kamran LOGHMAN 29 de Noviembre del 2011
VIGI

Question au Gouvernement à l’Assemblée Nationale

Le député Sébastien Nadot a posé une question au Gouvernement, dont voici le texte.

« M. Sébastien Nadot alerte M. le ministre des solidarités et de la santé sur l’utilisation des gaz lacrymogènes dans le cadre du maintien de l’ordre public, compte tenu de la dangerosité démontrée pour la santé des gaz lacrymogènes. Le 11 janvier 2020, semaine 61 du mouvement des « gilets jaunes », des manifestants s’étaient donné rendez-vous dans le centre-ville de Toulouse. Après quelques heures de déambulation, certains se retrouvent place Saint-Georges. Les policiers qui les suivent jettent alors des grenades de gaz lacrymogène dans leur direction. À quelques mètres derrière les manifestants se trouve un espace de jeux avec des enfants. Très vite le gaz se propage sans épargner toboggans et tourniquets. Prise au dépourvu, une maman affolée avec un enfant en poussette quitte la zone à la hâte. Apeurée, une petite fille pleure, figée debout. Un policier se dirige alors vers elle pour l’évacuer de la place. En bon père de famille, il la prend dans ses bras, tente de la rassurer et l’éloigne rapidement des dernières fumées blanchâtres. Les exemples de « dommages collatéraux » dans l’usage de grenades lacrymogènes ces deux dernières années, dont certains de la plus grande gravité, sont légion en France. Il est impossible d’évaluer le nombre de personnes exposées à ces gaz, qu’il s’agisse des participants à un rassemblement illégal, de ceux qui exercent l’un de leur droit fondamental à manifester sans excès ou des « badauds » pris au piège des hasards d’un affrontement entre forces de l’ordre et manifestants, jusqu’à ces enfants innocents. Avec cinquante ans d’utilisation derrière lui, plusieurs drames récents qui lui sont directement liés et un stock d’images sur les réseaux sociaux de manifestants, parfois de badauds, piégés dans ses fumées blanchâtres, on pourrait imaginer qu’une documentation scientifique complète consacrée aux effets du gaz lacrymogène est accessible. Jusqu’ici rien n’était véritablement documenté en France sur le sujet. Aussi, le rapport intitulé « Le Gaz lacrymogène CS – effets toxiques ? » de Samuel Alexander et André Picot publié en juin 2020 par l’association toxicologie-chimie vient combler cet étonnant vide et pose des questions de santé publique majeures. Les effets biologiques à court et long termes sont nombreux. Au 21ème siècle, dans un pays comme la France, il lui demande si le simple fait que des enfants puissent être exposés à des gaz lacrymogènes à la toxicité démontrée n’est pas suffisant pour les interdire. »

Une réponse lui a été faite, et je me permets de la commenter avec des références :

« Corollaire de la liberté d’expression, le droit de manifester est une liberté garantie par la Constitution. Les forces de l’ordre concourent au libre exercice de ce droit en déployant des services d’ordre qui ont pour but d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Dans un Etat de droit, il est impératif que le recours à la contrainte et aux armes soit gradué et proportionné et s’exerce dans le respect du droit. C’est pour répondre à ces exigences que les forces de l’ordre disposent d’une législation et d’une gamme de techniques et de moyens pour préserver ou rétablir l’ordre public, assurer la sécurité des personnes et des biens ou faire face aux menaces auxquelles elles sont exposées. Le niveau d’exercice de la contrainte prend en compte les situations particulières et se traduit par la mise en œuvre de la force physique, l’emploi d’armes de force intermédiaire et, en dernier lieu, le recours à des armes à feu.« 

Je suis d’accord avec cette introduction dans les grandes lignes qui fixe le cadre de la réponse.

« Les armes de force intermédiaire permettent de faire face à des situations dégradées pour lesquelles la coercition physique est souvent insuffisante mais qui nécessitent une riposte immédiate, notamment pour faire face à des groupes armés ou violents. Dans bien des situations, elles évitent le recours aux armes létales et abaissent le niveau de risque, tant pour l’intégrité physique des personnes ciblées que pour celle des tiers ou des forces de l’ordre.« 

Cette affirmation semble inexacte. En effet, Paul Rocher a montré, malgré le peu de transparence du ministère au sujet de l’introduction et l’augmentation de l’emploi des armes « de force intermédiaire », que celle-ci ne s’était jamais accompagnée d’une réduction de l’emploi d’armes à feu.

« Le code de la sécurité intérieure liste de manière exhaustive ces armements et définit les conditions dans lesquelles ils peuvent être utilisés. Il en est ainsi, par exemple, des moyens lacrymogènes (diffuseur, grenade lacrymogène et fumigène, etc.). Leur emploi permet en particulier d’éviter, lors de mouvements de foule ou lorsque les forces de l’ordre sont prises à partie par des groupes violents, les risques inhérents à des contacts physiques directs ou l’usage d’autres moyens présentant plus de risques. Il permet la dispersion de foules et d’éviter l’enfoncement ou le contournement des dispositifs de sécurité. Il peut aussi viser à la neutralisation d’une personne menaçante ou dangereuse pour elle-même ou pour autrui. L’emploi de moyens lacrymogènes relève du cadre légal d’emploi de la force.« 

Il manque des éléments pour étayer ces affirmations, qui sont cependant contredites par bien des études

« La solution pour une meilleure sécurité et des interventions policières responsables dans des situations potentiellement dangereuses ne devraient pas être recherchées du seul côté de la technologie, mais surtout en améliorant les compétences tactiques et techniques des policiers » par Adang Otto

L’emploi de ces armes se fait majoritairement dans des situations où il n’y a pas de violences ou de menaces pour la sécurité publique imminente comme l’indique Rohini Haar.

L’emploi du spray OC aux Etats-Unis, aux effets directs très similaires au CS, a par exemple été corrélé à une augmentation des blessures sur policiers comparée à des situations similaires où l’ordre a été rétabli sans leur emploi.

De plus, ces armes causent des dégâts sur la santé des officiers de police, lorsque des rapports sont faits, contrairement à ce que fait la France selon un rapport rendu à la Commission Européenne en 1998, dénonçant tout simplement l’absence de rapports sur l’usage des gaz lacrymogènes.

« A ce titre, il n’est possible que lorsque les conditions requises par la loi l’autorisent et répond aux critères de nécessité, de proportionnalité et de gradation. L’emploi de certains moyens lacrymogènes répond en outre à des règles supplémentaires spécifiques particulièrement strictes (emploi uniquement sur ordre hiérarchique, nécessité de disposer d’une habilitation individuelle obtenue après une formation et avec le suivi d’une formation continue, etc.). L’usage des grenades de ce type n’intervient qu’après un ordre de dispersion et trois sommations qui annoncent l’usage de la force (sauf en cas de violences ou de voies de fait exercées contre les forces de l’ordre). Si une exposition résiduelle au produit lacrymogène peut être subie par des manifestants qui quittent la zone où elles sont lancées, ceux qui se maintiennent délibérément sur place sont auteurs, a minima, du délit prévu à l’article 431-4 du code pénal. Aussi, si l’effet d’une grenade lacrymogène peut toucher de manière indifférenciée un groupe de manifestants, ceux-ci ont pour point commun d’avoir voulu s’inscrire et se maintenir dans l’illégalité. »

Pourtant les témoignages de personnes n’ayant jamais entendu la moindre sommation avant d’être exposés sont nombreux (et vous pouvez prendre le mien en personne : cela m’est arrivé à 4 reprises l’an dernier, dont une Place d’Italie documentée en détail par des vidéos en direct où il est aisé de constater que j’ai été exposé sans jamais avoir entendu la moindre sommation, tout en étant nassé et en n’ayant aucune possibilité de me disperser). De même, les nasses empêchent toute dispersion et sont donc en contradiction avec l’ordre donné. Il faudrait donc faire évoluer le cadre d’usage de ces grenades en les interdisant a minima en cas de nasse, et en améliorant les ordres de dispersion.

« S’agissant des produits eux-mêmes, communément appelés « gaz lacrymogènes », ils ne sont en fait ni gaz, ni agents incapacitants. En ce qui concerne leur éventuelle toxicité, parmi les policiers chargés du maintien de l’ordre, qui sont régulièrement soumis à une exposition à des produits lacrymogènes, la médecine de prévention du ministère n’a eu à connaître d’aucune remontée significative qui pourrait évoquer un lien direct entre, d’une part, l’exposition au CS (produit de synthèse chimique – ortho-chlorobenzylidène malononitrile – de faible toxicité, qui constitue la molécule active) et, d’autre part, certaines pathologies chroniques ou évolutives possibles (pathologies respiratoires, ophtalmologiques, etc.).« 

Sachant qu’il existe un précédent sur la volonté de ne pas faire de rapports sur l’usage de ces armes, nous demandons davantage de transparence : comment une remontée aurait-elle pu avoir lieu ? Comment distinguez-vous les effets des gaz lacrymogènes d’autres facteurs confondants dans les remontées sur les pathologies neurologiques long terme par exemple, ou sur les cataractes décrites clairement dans le dossier ? Le volume expiratoire est-il mesuré régulièrement chez les forces de l’ordre ? Comment distinguez-vous la perte de vision liée à l’âge de la perte de vision générale, quelles études sont disponibles publiquement ?

« Les effets recherchés ont une incidence sur les yeux, les poumons et la peau mais sont réversibles. Les effets du CS ont une durée brève, conséquence d’une exposition aigüe généralement bénigne, mais liée à la dose et à la durée d’exposition. Les symptômes observés habituellement sont dus à une telle exposition aiguë. L’exposition aigüe n’implique généralement pas d’effet à long terme : l’effet irritant disparaît rapidement (15 à 30 minutes) après « décontamination » (à grande eau et éviction du produit).« 

Quels moyens de décontamination sont mis à disposition des personnes exposées parmi les habitants des quartiers, les passants, les manifestants pacifiques et même les manifestants violents qui restent des citoyens avec des droits même s’ils ont pu contrevenir à la loi ?

« Les éventuels effets secondaires disparaissent généralement dans la journée. Les irritations sont les plus fréquentes et se manifestent sur l’œil, la peau, le tractus respiratoire. Peuvent s’y ajouter des troubles digestifs et des céphalées. Des phénomènes allergiques peuvent également survenir. Il convient de souligner que ces produits sont acquis par les forces de l’ordre en tenant compte de la composition (excipients et produits solvants) et du dosage des composants. Comme rappelé plus haut, leur usage obéit par ailleurs à des règles de droit et conditions d’emploi strictes (emploi très encadré en milieu fermé par ex.). Toutes les précautions sont donc prises pour limiter les risques, tant pour les utilisateurs que pour les manifestants.« 

Au regard des connaissances sur ces armes, ces précautions sont largement insuffisantes.

« Il convient enfin de souligner que la molécule active des produits employés dans d’autres pays (OC – mélange de capsaïcine, capsaïcinoides, diterpènes et autres substances, PAVA – vanillylamide de l’acide pélargonique, etc.) n’est pas celle (CS) composant les moyens en dotation au sein des forces de l’ordre en France.« 

Le CS est employé partout dans le monde, notamment dans les grenades. Par exemple, à Portland durant le mouvement Black Lives Matter, c’est bien le CS qui a posé un problème de santé publique. Le maire a d’ailleurs fini par interdire son usage de ce fait.

C’est aussi le cas à Hong Kong lors du siège de l’université polytechnique, où le CS a posé également un problème de santé publique.

Enfin c’est le cas au Chili, où c’est toujours le CS qui est en cause.

« S’agissant du rapport de l’association toxicologie-chimie, il ne s’agit pas d’une étude scientifique de recherche sur les effets du CS : O-chlorobenzylidène malononitrile sur l’homme, mais d’un document qui agrège des données issues de différents horizons bibliographiques. Il n’y figure aucun élément qui ne soit déjà connu.« 

A l’évidence, l’auteur de la réponse n’a pas lu le dossier.

D’une part, celui-ci remet en cause un « élément connu », un calcul théorique sur la quantité de cyanure formée par métabolisme, car les conditions de calcul théorique (il ne s’agit en fait pas d’une mesure, comme certains auteurs vont le dire par erreur par la suite) repose sur une exposition d’une minute à 20 mètres d’une grenade. Ceci est décrit en page 38 du dossier.

D’autre part, le dossier présente un tableau de mesure de CYANURE (et non de thiocyanates) sur lequel nous reviendrons, en page 41.

Enfin en annexe du dossier, on peut trouver page 123 des éléments factuels sur les niveaux de cyanure (encore une fois, et non de thiocyanate) mesurés à l’autopsie des personnes décédées dans le cadre de l’incident de Waco aux Etats-Unis en 1993, avec la démonstration qu’ils ont très probablement été intoxiqués par le cyanure provenant des grenades lacrymogènes et non par l’incendie du complexe.

« Ce document, clairement à charge, débute par un catalogue des agents chimiques (de guerre, dont l’ypérite, etc.), au sein duquel figure le CS sans que ne soit précisé que les agents anti-émeute ne sont en aucun cas des agents incapacitants ni des gaz (ainsi que rappelé plus haut). »

Je cite une phrase dans le document décrivant l’une des expériences pour ce qui concerne le fait qu’il ne s’agit pas d’un gaz à proprement parler :

« La Grenade qui brûle pendant environ 30 secondes libère un nuage de Particules en suspension généré thermiquement pendant environ 10 à 15 minutes. »

En page 9 du dossier, il est indiqué une définition des agents incapacitants, et le CS ne figure pas dans cette liste, mais figure dans la catégorie suivante, celle des « irritants ».

Ces dénominations, comme de nombreux auteurs l’ont signalé, sont souvent assez poreuses. Un agent irritant peut devenir incapacitant selon le contexte, la concentration, la personne affectée… C’est pour cela que certaines études ont nommé le CS « incapacitant ».

De plus, un document qui décrit la littérature scientifique de façon exhaustive n’est pas « à charge contre le CS », mais est plutôt un moyen d’alerter sur des dangers pour la santé publique. Je ne comprends pas l’emploi du terme « à charge » pour décrire ce dossier.

« Les aérosols cités ne sont en outre pas utilisés par les forces de l’ordre françaises. Le gaz lacrymogène CN (chloroacétophénone) n’est plus employé et le MIBK (solvant) n’entre pas dans la composition des aérosols CS utilisés par nos forces de police et de gendarmerie.« 

Merci pour cette dernière information, j’ai posé la question à de nombreuses reprises car les sprays CS fabriqués en France par la compagnie Alsetex contenaient ce solvant, ce qui a fait scandale en Angleterre à la fin des années 1990.

« Par ailleurs, lorsque ce document évoque les lésions provoquées par le CS, il n’apporte aucune précision sur les concentrations du principe actif du produit concerné (concentrations pourtant essentielles) et fait référence à des constatations après utilisation en milieu clos. »

Une simple recherche dans le document fait apparaître le mot « concentration » 90 fois dans le dossier. A l’évidence, il n’a pas été lu correctement par les auteurs de la réponse. Sur tous les effets décrits d’après la littérature, lorsque la concentration était disponible, elle a été indiquée dans le document.

Cependant, il est exact que nous n’avons aucune donnée sur la concentration du nuage effectif en France. J’aurais souhaité faire des mesures mais Airparif a décliné par exemple, et il n’a pas été possible d’obtenir une telle mesure de quiconque contacté en France, il suffit pourtant d’appareillages largement disponibles comme des Hapsites. Pour approximer la concentration en France, nous nous sommes basés sur les données du fabricant, probablement sous-estimées, décrites en détail page 122 :

Par ailleurs, aucun élément comparatif n’est abordé, notamment sur la concentration létale des produits, la dose efficace, les excipients.

Encore une fois, l’auteur de la réponse n’a pas lu le dossier. La concentration létale est décrite sur la même page 122 :

De même, le détail des concentrations et leurs effets sur l’homme :

Les excipients ne nous ayant pas été communiqués par le fabricant malgré les nombreuses relances et tentatives de savoir, nous avons donc « deviné » les excipients possibles et décrit leurs effets. Ceci était pourtant visible dans la table des matières, qui n’a donc même pas été consultée par les auteurs de la réponse.

« Sans surprise, l’accent est mis sur le risque lié au cyanure, qui est un des produits de métabolisation du CS, mis en avant pour avoir été retrouvé dans le sang de manifestants (fumeurs ?) lors de manifestations du mouvement dit des « gilets jaunes ». »

Des concentrations en thiocyanate élevées ont été retrouvées chez des fumeurs comme chez des non-fumeurs, sur une cinquantaine de personnes au total, données couvertes par le secret médical, mais résultats diffusés et rendus publics par certains gilets jaunes eux-mêmes. Toutes dépassaient le seuil maximal de leur état (il est différent entre fumeur et non-fumeur).

Or, s’il est établi que le cyanure peut être nocif, les concentrations sont un élément indispensable à prendre en compte. Un article des Annales de toxicologie analytique (« Cyanures et thiocyanates en toxicologie hospitalière », vol. XII, n° 2, 2000) montre ainsi que le niveau de thiocyanates habituel chez un fumeur est de 20 mg/ l dans le sang. Trouver 15,9 mg/l dans le sang, comme ce fut le cas lors de manifestations, n’a donc rien d’étonnant.

Précisons bien cette donnée essentielle en citant la phrase exacte de la référence :

« Les valeurs habituelles des cyanures et thiocyanates dans le sang sont respectivement de 0,02 mg/l (non-fumeurs) à 0,05 mg/l (fumeurs) pour les cyanures et de moins de 4 mg/l (non-fumeurs) à 20 mg/l (fumeurs) pour les thiocyanates. »

Il s’agit d’une fourchette large, sans détails précis, et sans aucune référence. Quelles mesures ont été faites exactement pour affirmer cela ? On n’en sait rien.

Pourtant, des mesures, il en existe dans des études présentant de réels résultats et non une fourchette (réaliste, mais « à la louche »).

La moyenne pour les fumeurs dans une étude sur 135 sujets plus récente était de 6,5 mg/l comparée à 2,4 mg/l pour des non-fumeurs. Dans cette étude, le niveau le plus élevé enregistré pour un fumeur était de 8,6 mg/l (conversions réalisées à partir de concentrations molaires).

Une autre étude a présenté une mesure moyenne de 8,3 mg/l de thiocyanates (écart-type de 0,18) dans le sérum sanguin des fumeurs comparée à 3,4 mg/l (écart-type de 0,14) de thiocyanates pour des non-fumeurs.

Dans un essai clinique randomisé incluant 29 patients par groupe la moyenne est de 6,67 mg/l pour un maximum de 9,3 mg/l chez des fumeurs contre une moyenne de 3,5 mg/l (maximum à 4,5 mg/l) chez des non-fumeurs.

Une étude a comparé les niveaux de fumeurs et de non-fumeurs exposés ou non de par leur profession à du cyanure. Les mesures ont été faites dans les urines et dans le sang, avec des niveaux exprimés en mg/100ml, il faut les multiplier par 10 pour les lire. Le niveau le plus élevé enregistré, pour un fumeur exposé de par sa profession, était de 9,2 mg/l.

Les concentrations les plus élevées que nous avons pu trouver est de 16,8 mg/l dans la littérature indiquent pour de très gros fumeurs (groupe S4, le plus élevé, consommant plus de 20 cigarettes par jour. Le nombre de cigarettes de chaque personne n’a pas été détaillé, mais la concentration moyenne dans ce groupe était de 7,7 mg/l).

La patiente dont le niveau a été mesuré à 15,9 mg/l et dont le résultat a été médiatisé ne fumait pas plus de 20 cigarettes par jour, elle nous a affirmé être à moins de 10 cigarettes par jour.

« Par ailleurs, les prélèvements nécessaires au dosage du cyanure doivent respecter un protocole rigoureux.« 

Cette remarque montre que les auteurs de la réponse font quelques confusions. En effet, ce sont les thiocyanates qui sont dosés dans les chiffres annoncés précédemment, et non le cyanure.

Le cyanure apporté par l’alimentation ou par les cigarettes n’implique que de très faibles doses de cyanure. En effet, dès 0,5 mg/l dans le sang, le cyanure devient très dangereux et le risque de létalité est atteint dès 1 mg/l. L’organisme va très rapidement le métaboliser en thiocyanate pour éviter une augmentation de la concentration aigüe. Un apport faible mais constant en cyanure ne présente donc pas le même danger qu’un apport conséquent instantané. Pour s’en faire une idée simple, cela reviendrait à comparer le fait de fumer 10 cigarettes en une journée à en fumer 10 d’un coup en même temps.

Le thiocyanate est éliminé très lentement par filtration rénale. Dans l’essai clinique cité précédemment, après arrêt de consommation de cigarettes, la réduction du niveau de thiocyanate dans les urines n’est que de 30% au bout de 5 jours. Ainsi, le thiocyanate peut refléter une consommation de faibles doses répétées (cigarettes et alimentation) comme il peut refléter un niveau d’absorption instantané élevé.

Pour contourner ce problème, nous avons mesuré non pas les niveaux de thiocyanates dans le sang, mais le niveau de cyanure directement, comme présenté précédemment. Et des niveaux dangereux immédiatement pour la santé ont été relevés. Je rappelle donc le tableau déjà ignoré par les auteurs de la réponse précédemment, page 41.

« Par ailleurs, si la littérature scientifique est relativement rare sur le sujet, d’autres études méritent cependant d’être prises en compte, notamment l’article « Effects of tear gases on the eye » dans la Survey of Ophthalmology (vol. 61, 2016) ou l’étude « Riot Control Agents – Exposure and Treatment » de M. F. Dorandeu (pharmacien, chef des services, professeur agrégé du Val-de-Grâce, titulaire de la chaire de recherche appliquée aux armées, conseiller technique de la directrice centrale du service de santé des armées pour les questions de défense médicale contre les risques chimique) présentée au 36e congrès de la European Association of Poisons Centres and Clinical Toxicologists, à Madrid le 26 mai 2016. »

Loin de contredire le contenu de mon dossier, effectivement, la première étude n’aborde pas le métabolisme en cyanure d’une part, et aborde les effets sur la santé d’autre part.

Kim discute les effets et le traitement des gaz lacrymogènes de tous types (OC, CS et CN) en s’appuyant sur des références concernant le CS, l’OC et le CN… Pour le CS, il cite des références (numéro 7, 9, 13, 18, 22, 25, 36, 38) que nous avons également citées dans notre dossier. Par exemple Hill, avec le cas d’un patient qui est resté 6 mois en soins intensifs après une exposition au CS :

“Hill presented a case of multisystem hypersensitivity reaction to CS that lasted 6 months and required an intensive care unit (ICU) stay”

Il n’est pas utile de citer une revue des mêmes éléments bilbiographiques, et qui dit sensiblement la même chose, tout en répétant certaines erreurs chimiques publiées dans la littérature scientifique que nous sommes en train de corriger dans la version définitive du dossier de l’ATC concernant les propriétés d’agent alkylant SN2, et s’appuyant sur un mécanisme d’action désuet puisque depuis cette revue nous savons que le mode d’action, décrit dans le dossier de l’ATC également, passe par les récepteurs TRPA1/TRPV1.

“CS is an SN2 alkylating agent”

Pour ce qui concerne l’étude de Dorandeu, malheureusement, son nom n’apparaît pas dans le rapport du 36ème congrès de l’EAPCCT.

Il ne se trouve aucune référence nulle part à ce travail et il est donc impossible d’en dire plus dans cette réponse.

« En employant des moyens lacrymogènes comme en toute autre circonstance, les forces de l’ordre interviennent dans le respect du droit, notamment des dispositions du code pénal et du code de la sécurité intérieure relatives au délit d’attroupement et à l’emploi de la force pour le maintien de l’ordre. Leurs actions sont soumises au contrôle de l’autorité judiciaire et de différentes autorités administratives indépendantes. Si des comportements inappropriés sont relevés, ils donnent systématiquement lieu à des suites administratives, voire judiciaires. »

Malheureusement, les délais de traitement sont très longs, et peu d’affaires aboutissent réellement. De nombreux sociologues évoquent ces problèmes très connus, comme Sébastian Roché ou Olivier Fillieule.

« Les forces de l’ordre, qui sont fréquemment prises à partie et victimes de violences dans le cadre de débordements qui surviennent en marge de certaines manifestations, interviennent toujours avec professionnalisme, sang-froid et discernement.« 

Le mot « toujours » semble être un peu catégorique. Tout être humain peut perdre son professionnalisme, son sang-froid et son discernement, surtout dans des situations de tensions, notamment lorsqu’il y a escalade de la violence.

« Dans des situations fréquemment difficiles, face à des enjeux multiples, les policiers et les gendarmes ont à cœur de mener à bien leur difficile mission dans le respect des personnes et avec pour souci constant la garantie de l’ordre public républicain. Il convient enfin de souligner que, pour tenir compte des nouveaux enjeux de l’ordre public, qui résultent de la violence croissante observée depuis plusieurs années dans les manifestations mais aussi des exigences accrues de communication, le ministre de l’intérieur a présenté le 11 septembre un nouveau schéma national du maintien de l’ordre. Ce schéma développe une doctrine protectrice pour les manifestants et ferme avec les auteurs de violences. Il réaffirme la priorité à l’intervention face aux auteurs de violences (notamment grâce aux armes de force intermédiaire). »

Ce nouveau schéma a suscité de nombreuses inquiétudes et interrogations, notamment auprès des journalistes.

« Mais il renforce également les conditions de la légitimité de l’action de l’Etat et les garanties du libre exercice du droit de manifester en dynamisant et modernisant les actions de communication et de prévention des tensions.« 

Une telle intention est louable.

« Il doit par ailleurs être souligné que cette nouvelle doctrine pérennise le retrait décidé en janvier 2020 des grenades lacrymogènes instantanées modèle F4, à caractère explosif en raison de leur teneur en tolite, et qui avaient un triple effet lacrymogène, assourdissant et de souffle. Elles sont désormais remplacées par la GM2L (la composition explosive que l’on trouvait dans la GLI F4 est dans cette munition remplacée par une simple composition pyrotechnique). »

La composition « pyrotechnique » remplaçant la composition « explosive » ne semble pas avoir un effet final extrêmement différent. Ceci a été documenté sur des sites dédiés et relayé par la presse.