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Cerveau, foie et reins

Dans le cerveau, le cyanure provoque des dégâts directement par stress oxydatif
Dans le foie, le cyanure est métabolisé en thiocyanates, avec vacuolisations
Dans les reins, le thiocyanate est filtré mais l’augmentation d’oxalate peut provoquer des calculs rénaux

Lors d’intoxications chroniques au cyanure, les dégâts observés concernent principalement trois organes : le cerveau, le foie et les reins. Le mécanisme impliqué passe par un blocage des « métalloenzymes » (enzymes utilisant des métaux). Ceci a pour conséquence d’entraîner un stress oxydatif (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29609494 ). Un traitement possible contre ce stress oxydatif serait la combinaison d’alpha-ketoglutarate et de N-acetyl cysteine (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31244408 ).

En l’absence de traitement, le stress oxydatif provoque de lourds dégâts au niveau du cerveau (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29609494 ). Dans les cas les plus extrêmes, les atteintes neurales entraînent un konzo, paralysie présente dans certaines zones d’Afrique (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27450775 ), avec comme marqueur potentiel le niveau de 8,12-iso-iPF2α-VI F2-isoprostane (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25222616 ).

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Enfants atteints de paralysies konzo

Une exposition chronique au cyanure va entraîner une vacuolisation du foie dans divers modèles animaux comme le lapin (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30150173 ), le poisson (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4629564/ ), la chêvre (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19559583 ) voire même des nécroses comme chez le rat (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22547189 ).

Vacuolisation chez la chêvre suite à une exposition au cyanure
Vacuolisation chez le poisson suite à une exposition au cyanure

Cette vacuolisation est une réaction à une intoxication et permet au foie de se défendre dans un premier temps, mais a longtemps été le signe précurseur de défaillances voire de nécroses (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8797939 ). La vacuolisation excessive entraînée par stress oxydatif entraîne une mort cellulaire dans les cellules hépatiques cancéreuses ( Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26870999 ) et est considérée comme un traitement contre le cancer du foie.

Les reins filtrent le dérivé du cyanure, le thiocyanate, et sont également mis à rude épreuve dans le cas d’une intoxication au cyanure. Dans certains cas cliniques, une défaillance rénale peut apparaître après traitement d’une intoxication (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16892833 ). De plus, l’utilisation de l’antidote – la vitamine B12 – entraîne une forte production d’oxalate dangereux pour les reins et provoquant des dommages à ce niveau (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26891675 ).

En effet, l’oxalate s’associe au calcium et forme des calculs rénaux. Un cas très intéressant a été étudié : celui d’une transplantation rénale depuis un patient décédé d’une intoxication au cyanure (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30271651 ). Dans ce cas, des cristaux de sels d’oxalate ont été retrouvés les premiers jours après la transplantation.

La rate est également connue pour être un lieu privilégié d’accumulation de cyanure (Source : https://www.ata-journal.org/articles/ata/abs/2000/02/ata20002p131/ata20002p131.html ). Cette accumulation est plutôt due à la présence de ferritine dans cet organe (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16314026 ). Cependant, l’activité de la rhodanese y est plus faible (Sources : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12031455, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12628382 ) et ce n’est donc probablement pas l’organe le plus atteint. Chez le poisson, il a été montré cependant qu’une vacuolisation pouvait se produire dans la rate (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4629564/ ).

Il faut donc surveiller avec attention cerveau, foie et reins lorsqu’on a subi une intoxication au cyanure.

ça tire

l’armement, parlons en.

Après avoir entendu un peu de tout sur l’armement, il était nécessaire de faire un point sur ce sujet pour éviter les mauvaises informations.
Beaucoup de manifestants ramassaient des pièces et se posaient beaucoup de questions, aussi, voici une présentation de ce que l’on peut trouver:

Les DPR (système de propulsion)

Il existe plusieurs types de DPR, les propulseurs en 40 ou 56 Millimètres qui ont des portées variables, de 50 mètres à 200 mètres et voici à quoi ils ressemblent :



Ces DPR ont pour fonction d’envoyer des grenades de 40 à 56 millimètres grâce à des armes d’un diamètre de 40 et 56 millimètres dont voici quelques modèles :



Mais aussi :


Ces armes et ces DPR ont pour fonction d’envoyer plusieurs types de projectiles, des grenades lacrymogènes mais aussi des grenades à effets combinés et/ou des balles de défense.

= GRENADES LACRYMOGÈNES:

Il existe plusieurs types de grenades lacrymogènes:

_ Les grenades à main.
Elles disposent d’ une goupille et sont lancées à courte distance après que le système de mise à feu ait été déclenché par le retrait de la goupille, les grenades de dés-encerclement en font partie voici un exemple:




_ Les grenades projetées sont quant à elles propulsées par les fameux DPR, voici des exemples avec leurs caractéristiques techniques:



GRENADE 40 MILLIMÈTRES



= GRENADES à EFFET COMBINÉS:

Les grenades à effets combinés ont plusieurs fonctions, de la dispersion de gaz au côté explosif et sonore, elles doivent être utilisées dans les cas de défense et non d’attaque, elles peuvent être à main ou projetées, parmi celles ci nous trouvons la fameuse GLIF4. Ci-dessous quelques modèles avec leurs caractéristiques:



POINT SUPPLÉMENTAIRE, LES BALLES DE DÉFENSE:
Les balles de défense ou LBD/FLASHBALL sont des projectiles ultra puissants causant d’énormes dégâts en cas de tir à la tête ou de courte distance, quelques fiches techniques sur le sujet:




Problèmes ophtalmologiques (yeux)

Le cyanure accidentellement projeté directement dans l’oeil provoque de lourds dégâts de décollement de la membrane, une inflammation de l’iris et une opacité du cristallin (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22710495 ). Le cyanure réagit avec les protéines de la lentille par une réaction de carbamylation (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22553530 ). Cette carbamylation est à l’origine de problèmes de vision tels que la cataracte (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11369851 ). Ceci a été confirmé par des techniques d’analyse modernes (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8168608 ).

L’aspirine pourrait être un remède contre ce phénomène car elle bloque la réaction de carbamylation des protéines solubles de la lentille (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3979467 ). L’ibuprofène est également un traitement potentiel (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9380344 ).

Perte de poids

Le métabolisme du cyanure implique une utilisation du soufre disponible dans l’organisme, et donc une perte de certains acides aminés pouvant entraîner une perte de poids.
Les thiocyanates ont une action sur la thyroïde, également impliquée dans la régulation du poids.

Chez les enfants exposés au cyanure au Congo, à travers une alimentation riche en manioc, on note clairement un retard de croissance expliqué notamment par le manque de disponibilité du soufre, utilisé pour détoxifier le cyanure (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10824211 ).

Ce mécanisme important dans la croissance pourrait également indiquer un métabolisme ralenti chez des personnes ayant terminé leur croissance mais ayant subi une intoxication au cyanure, d’autant plus que cela a été montré en modèle animal comme chez le rat où la disponibilité en soufre était déterminante dans la perte de poids (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/490674 ), le chien (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1445827 ), et même chez l’homme où la moitié des employés intoxiqués ont perdu du poids de façon importante (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3965790 ).

Dans un second temps, la thyroïde peut être affectée par le biais de la production de thiocyanates, et diminue la quantité de triiodothyronine responsable de la croissance et du métabolisme en général (Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/m/pubmed/11469509/ ).

OEIL ET GAZ TOXIQUES

De la clinique de la vision

Les gaz lacrymogenes sont des toxiques de la surface oculaire

Substance chimique irritante
Utilisés en spray ou en grenade, ces gaz contiennent des substances chimiques irritantes à la fois pour les yeux, les glandes lacrymales, les voies respiratoires et la peau. Ils n’ont pas vocation à être dangereux. Cependant, dans certaines situations particulières (espace confiné, volume de gaz reçu important, personne allergique ou malade, etc.), ils peuvent entraîner la nécrose de certains tissus, des œdèmes, voire exceptionnellement le décès. A la sortie du spray; La lacrymation provoquée est notée dans de nombreuses conditions  En réalité, le gaz lacrymogène n’est pas un gaz. Les composants chimiques qui produisent l’épanchement lacrymal sont des agents irritants que l’on peut conditionner aussi bien sous forme de vapeur que de gel ou de liquide. Les bombes lacrymogènes disponibles sont de différentes tailles. Les 2 principes actifs utilisés sont le C.S et l’O.C (poivre) dit bombe au poivre ou spray au poivre.

L’aérosol lacrymogène ou bombe anti-agression est l’une des meilleures armes d’auto-défense étant donné de son efficacité rapide et surtout le maintien d’une certaine distance de sécurité par rapport à l’éventuel agresseur.Les emplois sont aussi bien la défense individuelle contre une agression inopinée que dans le cadre d’une action de groupe comme par exemple une dispersion de foule.

La gazeuse lacrymogène ou spray de défense est une arme de défense légale, libre à la vente mais interdite de port et transport.

le gaz est très condensé et parfois encore sous forme dense. Il est d’autant plus dangereux que distribué de très près. De plus, des doutes existent sur leurs effets à long terme (pneumopathie chronique, malformations des bébés dont la mère a reçu de tels gaz pendant sa grossesse, etc.).

Si le but est de faire pleurer la conséquence c’est de rendre la situation insupportable et donc d’obliger l’assaillant à reculer, à se protéger et de fuir: c’est une mise hors situation d’attaque. C’est pourquoi le larmoiement est accompagné de douleurs, gènes, sensation de brûlure…

Que faire sur le moment ?
Il faut bien sûr s’éloigner au maximum de la source du gaz lacrymogène pour limiter l’exposition. Et que les yeux brûlent ou non, il ne faut surtout pas les frotter avec les mains car il est probable que du gaz se soit déposé sur la peau des mains, Une fois les mains savonnées et rincées, il faut rincer abondamment les yeux avec du sérum physiologique ou un produit de lavage oculaire ou en l’absence de l’un de ces produits, avec de l’eau tiède. Ce qui compte c’est la précocité du lavage, son abondance et l’éloignement de la source des gaz.

Attention si vous êtes l’utilisateur: apprenez à bien diriger le spray vers l’assaillant et pas contre vous, la cible ce sont les yeux de l’adversiare. Se placer ni triop près ni trop loin.A l’inverse pour éviter le flux il faut reculer et placer si possible un obstacle intermédiaire (masque…) Avec une grenade il faut s’éloigner car la diffusion gazeuse est impotrtante

Quand consulter ?
Rougeur oculaire, douleur, larmoiement et augmentation de la pression intra oculaire sont les signes classiques d’une exposition aux gaz lacrymogènes. Ils diminuent normalement au-delà d’une trentaine de minutes après l’exposition. Le mécanisme des lésions procède de l’irritation plus ou moins profonde et d’étendue variable de la couche superficielle de la cornée ainsi que de la conjonctive et des tissus proches. Le traitement est simple : collyre lubrifiant sans limite de dose et collyre antibiotique 3 à 6 gouttes par jour. Lorsque la douleur persiste ou qu’apparaît une baisse de la vision, il faut consulter un ophtalmologue en urgence si le tableau est plus important ou plus long. provoquant une (ulcération de la cornée ou une inflammation interne).

Des lunettes de protection, étanches, sont utiles en terme préventif. Mais elles restent imprégnées du toxique et il faut bien les laver après usage.

Explication sur l’utilisation du Cyanokit de Cyanoguard

Depuis Octobre 2018, les gazages sont de plus en plus intensifs dans les manifestations des gilets jaunes. Les personnes sont exposées à des doses de plus en plus importantes : les atteintes des voies respiratoires sont violentes, pouvant atteindre nausées et vomissements. Même la peau subit les agressions de ces gaz. De plus, des symptômes nouveaux nous ont été rapportés. Le jour du gazage : vertiges, pertes de mémoire, désorientation, perte de connaissance ( https://www.semanticscholar.org/paper… , https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2… ). Les jours suivants : diarrhées ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3… ), fatigue extrême (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1…), règles abondantes et irrégulières ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2… ) et problèmes occulaires ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3… ). Tous ces symptômes pourraient être reliés à une intoxication au cyanure… Les grenades lacrymogènes renferment des capsules contenant de l’ortho chlorobenzylidène malononitrile. Cette molécule passe dans le sang par les voies respiratoires ou par la peau – prenez des douches froides en fin de manif pour que ca ne rentre pas, le chaud ouvre les pores. Une fois dans le sang, un des groupements cyanure est libéré et peut agir. ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?… ) Il fixe le fer sensé apporter l’oxygène aux organes, et bloque la chaîne respiratoire. C’est l’effet d’un étranglement, entraînant une hypoxie, un manque d’oxygène. Le cyanure est rapidement traité par le foie pour être transformé en thiocyanates, qui sont beaucoup moins toxiques. ( http://ccn.aacnjournals.org/content/3… ) Ces thiocyanates, présents plus de 14 jours dans l’organisme, peuvent être dosés dans le sang ou dans les urines, selon la vitesse à laquelle ils sont éliminés. Des résultats ont été publiés par des personnes souffrant de ces symptômes. La presse a répondu en menaçant les médecins ayant produit ces ordonnances et établi ces diagnostics. ( https://www.20minutes.fr/societe/2495… ) Après insistance, la presse a changé d’angle et a indiqué par le biais d’une toxicologue que les thiocyanates, pourtant les dérivés majoritaires du cyanure ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/arti… ), ne sont pas de bons marqueurs. ( https://www.lci.fr/population/gaz-lac… ) Heureusement, il existe un moyen de détecter directement le cyanure dans le sang. Car si le dérivé du cyanure n’est pas une preuve, le cyanure en sera une ( https://www.cyanoguard.com/ ). Ce kit, également utilisé notamment par le FBI, est fiable mais il nous a fallu mettre au point la meilleure façon de le déployer. Cependant, le cyanure est éliminé très rapidement (en quelques minutes) comme l’indique la courbe rouge du graphique figure 1 ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/arti… ). Il faut être rapide, et obtenir un résultat instantané. Notre équipe a déployé ces tests sur les lieux de manifestation, et nous avons eu l’honneur d’obtenir la participation de fly rider qui a publié son résultat sur son mur facebook. ( https://www.facebook.com/photo.php?fb… ) Ce résultat peut par la suite être quantifié grâce à un appareil utilisant une caméra pour reconnaître la coloration, et dire à quelle dose de cyanure dans le sang il a été exposé. ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3… ) Nous rappelons qu’une dose de 1mg/l est le seuil critique choisi par le test, couleur violette ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/arti… ), pour alerter et prendre un antidote. La littérature déjà citée indique qu’on considère l’empoisonnement au cyanure à partir de 0,5 mg/l de sang ( https://jenonline.org/article/S0099-1… ).

Sites d’identification des grenades

http://romarm.ro/en/product/cartus-fumigen-lacrimogen-cc-38-f-l-calibrul-38mm

https://www.armyrecognition.com/eurosatory_2014_show_daily_news_coverage_report/alsetex_presents_its_landcougar_12_and_56-mm_range_in_live_demonstration_during_eurosatory_2014.html

http://jcammo.com/draft-grenades-anti-riots-armored-vehicles-smoke-dischargers/?fbclid=IwAR0JYsGYr2kZTsuYskObyfs9dM5qLWrO7VvZAjrABnJVHbfVOczTdtHODBQ

http://titus2h.e-monsite.com/pages/maintien-de-l-ordre/55-gamme-lacroix-alseltex.html

https://riotid.com/downloads/RiotID_Guide/RiotID_Guide_FRENCH.pdf

https://eodbuyersguide.com/ordnance___munitions

https://www.caat.org.uk/resources/companies

http://www.nonlethaltechnologies.com/pdf/FRENCH_NLT_Brochure.pdf

http://www.mikelewisresearch.com/2011/11/tahrir-ammo.html/

https://www.files.ethz.ch/isn/195222/Tear%20Gassing%20By%20Remote%20Control%20Report.pdf

http://bprd.nic.in/WriteReadData/userfiles/file/201704071029428052382STUDYREPORT27.03.2017-ilovepdf-compressed.pdf

https://www.combinedsystems.com/_pdf/SpecSheets/3300%20CTS.pdf

Les aventures d’Alex – Répression

1) Filmer tue

J’ai décidé de revenir sur plusieurs faits qui se sont produits en cette année 2019 pour essayer de ne rien oublier, et de garder une mémoire précise et documentée des événements que j’ai vécus au niveau répressif et coercitif de la part des forces de l’ordre.

Tout d’abord, je n’étais pas un gilet jaune de la première heure, j’avais même évoqué des intérêts économiques étrangers à l’oeuvre pour accentuer cette mobilisation sur la base de cet article en m’exprimant même publiquement, en tant que spécialiste Fake News de l’académie de Nice, lors de la conférence Neuroplanète organisée par le magazine « Le Point ».

Pourtant, je me suis rendu à Nice le 23 Mars 2019 pour l’appel national des Gilets Jaunes, histoire de voir comment ça se passe, de discuter, puisqu’un gros événement avait lieu directement à côté de chez moi. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais lorsque je suis arrivé, j’ai surtout vu des forces de l’ordre qui avaient nassé des personnes âgées. J’ai été sommé de me disperser, et j’ai obtempéré, nous avons été repoussés en-dehors de la place Garibaldi, laissant à leur sort les pauvres manifestants restés sur la place et subissant alors des charges dans tous les sens.

Ce qui devait arriver arriva, Geneviève Legay fut gravement blessée. Mais je ne l’ai pas vu. J’étais déjà dispersé, sorti de la place Garibaldi, et en train d’attendre un ami, qui avait été expulsé de l’autre côté de la place et devait me rejoindre. Une rangée de policiers me barraient la vue et m’empêchaient de voir la place. J’ai alors entendu des gendarmes appeler au secours des médics, puis le commissaire Rabah Souchi, qui venait d’ordonner dispersion et charge, vêtu de son écharpe tricolore, ordonner l’interpellation de ces médics. J’ai décidé de filmer cette scène surréaliste, ce qui m’a valu également d’être pris. Je relate ces faits ici :

https://www.facebook.com/anne.francois.5473/videos/10157984780469179/

Fort heureusement, j’ai filmé comment je me suis fait interpeller :

Il est à noter qu’une autre personne a filmé une perspective très intéressante ici :

Et tout ceci est confirmé par le témoignage d’un des street médics :

https://www.facebook.com/thierry.paysant/videos/10216829638480628

https://www.facebook.com/thierry.paysant/videos/10216829638480628/

C’est alors que commence ma première expérience avec le système de répression français. Je n’avais pas imaginé que cela était possible. Dans un premier temps, un policier m’amène menotté à un fourgon. Ce fourgon nous transporte près de la caserne Auvare. C’est serré, inconfortable, dangereux même. On ne voit rien, on est menotté dans un espace extrêmement étroit et on se demande ce qui va se passer. Heureusement, d’autres voix montrent qu’on n’est pas seul, les médics sont là, ils plaisantent, pensent à sortir rapidement. Bonne ambiance, on essaie de faire contre mauvaise fortune bon coeur, et puis on se dit que c’est une erreur. Mais nous allons être parqués comme du bétail dans un enclos au soleil, attendant notre tour pour être présentés à un « OPJ », un officier de police judiciaire. Après de longues minutes – on n’a plus de notion du temps, car nos affaires nous ont été prises – à attendre, c’est une délivrance de pouvoir parler à cet « OPJ ». Mais il ne fait que nous informer de choses fausses et absurdes. Alors on conteste, mais il nous certifie que ce n’est qu’une information, qu’on aura tout le loisir de contester ensuite, qu’il faut signer comme quoi on nous a bien notifié ce motif. Mes souvenirs me disaient qu’il ne fallait rien signer, mais ça, c’est quand on a quelque chose à se reprocher non ? Je me dis que, n’ayant rien à me reprocher, je ferais mieux de collaborer pour sortir plus vite, comme tout le monde me l’affirmait. J’ai donc obéi. Pour sortir plus vite. Pas d’avocat, puisqu’on m’a dit que c’était certes gratuit mais que les « frais de déplacement seraient à ma charge » (mensonge). Pas de médecin, je vais bien. Juste, faites moi sortir rapidement s’il vous plaît parce que j’aimerais bien rentrer chez moi ce soir, c’est une grossière erreur là.

Eh bien non, me voilà placé dans une cellule pendant des heures et des heures. Une cellule consiste en un espace très réduit, quelques 6 m² tout au plus, avec trois banquettes en béton et des restes de fluides corporels divers (urines, sang, selles) sur les murs. Pas de matelas. Les habits en partie retirés au cas où le suicide nous aurait tentés. Et puis une attente. Aucune notion de temps. Rien à faire. Attendre. Un médic souhaitait aller aux toilettes, nous appelons timidement. Pas de réponse. Nous insistons, et recevons des insultes pour toute réponse. Mon estime pour les officiers de police commence à décliner. Après quelques heures d’attente – du moins je suppose – ce pauvre médic ne tient plus. Alors un gilet jaune un peu plus habitué décide de prendre les choses en main et tambourine à la porte. Son déferlement de violence contre cette pauvre vitre finit par payer, un officier vient pour lui proposer de se battre, provoque, essaie de le pousser à la faute pour pouvoir ajouter un outrage à son casier. Mais il n’y parvient pas. Et nous parvenons alors à exiger les toilettes – et ce gentil policier nous dira même l’heure : nous avions attendu 7 heures avant de pouvoir aller aux toilettes.

Mon audition a été très brève, et on changeait les pauvres bougres de cellule de temps à autre, on ne nous laissait pas trop dormir, certains étaient libérés le soir même, d’autres restaient…

Au petit matin, j’étais étonné d’être encore enfermé contrairement aux autres, et le geôlier a eu la gentillesse de me donner son idée : « c’est à cause du président Chinois en visite là… Ils ont décidé de libérer les gilets jaunes qu’ils connaissent et de garder les gens qu’ils connaissent pas au cas où…. ». Pour éviter qu’un dangereux black bloc ne s’en prenne au président Chinois, il fallait donc que je reste en cage 24 heures complètes. Et à la fin, on m’a remis ce papier :

J’étais outré. Révolté. Mais je n’ai pas basculé dans la violence, je ne souhaitais pas vengeance mais justice. J’ai donc contacté mes codétenus une fois sorti, essayé de motiver tout le monde, il fallait porter plainte collectivement.

C’est là que j’ai été confronté à tous ces étranges « aidants » qui nous disent quoi faire, qui démarcher, comment porter plainte et où. Entre les legal team, les associations officielles, toute une flopée de mythomanes a pris le parti de se faire passer pour telle ou telle association, d’assister à telle ou telle démarche, et me voilà passant d’un collectif à un autre, accompagné à saisir l’IGPN, le défenseur des droits, l’ONU… Un de ces collectifs m’a lancé sur les gaz lacrymogènes cependant. Et c’est donc pour cette raison que je m’y suis intéressé.

2) La trottinette volante

Un journaliste s’était intéressé aux gaz lacrymogènes et avait décidé de venir me suivre en manifestation à Paris. Nous nous sommes donc donnés rendez-vous au centre de Paris arrêt de métro Saint-Augustin, dès le matin de ce Samedi 21 Septembre 2019, pour aller à la rencontre des personnes ayant été exposées aux gaz lacrymogènes, afin que le journaliste se rende compte des effets sur la santé.Nous avons appris que des gaz lacrymogènes avaient été utilisés en intérieur et que des enfants avaient été exposés gare Saint-Lazare vers 9h30. Nous nous y sommes donc rendus et avons croisé des personnes nous confirmant ces faits. Cependant, les forces de l’ordre ayant fait barrage un peu plus loin, et tous les manifestants se rendant aux Champs-Elysées, nous avons décidé de faire demi-tour et de marcher en direction de l’avenue des Champs-Elysées. Nous avons été contrôlés et l’officier portant le RIO 1146648 a pris nos équipements de protection individuels sans dresser de procès-verbal de saisie, mettant en danger notre vie et notre santé face à l’arme chimique qu’est le gaz CS. Petite vidéo de l’ambiance le matin avant que je ne me fasse fouiller à mon tour :

Après plusieurs fouilles et barrages, nous avons été séparés : le journaliste a pu traverser les barrages sans fouille et est allé vers les Champs-Elysées, observant les gazages intensifs et discutant avec les personnes gazées pour connaître leurs symptômes, tandis que moi-même et le médecin qui m’accompagnait avons été fouillés assidument. Après plusieurs barrages, nous sommes arrivés sur l’avenue Friedland. J’ai vu au loin une personne au sol, qui venait d’être passée à tabac par des forces de l’ordre que j’ai vu partir en courant, monter dans leurs camions et démarrer à ce moment, abandonnant le jeune homme gravement blessé au sol.

J’ai appelé le médecin et nous nous sommes approchés de lui pour lui porter assistance, il était environ 11 heures. Après une longue attente, des habitants du quartier nous ont dit « ce n’est pas normal, les pompiers arrivent beaucoup plus vite d’habitude ». Je me suis donc décidé à aller au coin de la rue, cherchant des officiers de police, pour leur demander s’ils savaient où étaient positionnés les camions de pompier (j’en avais croisé certains sur le chemin mais ne me souvenais plus de leur position exacte). Ils m’ont indiqué une direction, et tout en m’y rendant, j’ai vu le camion de pompiers arrivés. Les officiers de police auxquels j’avais demandé le renseignement ont décidé de s’approcher pour sécuriser le lieu et l’évacuation du blessé, et je suis arrivé en leur compagnie. Pendant près d’une dizaine de minutes, nous sommes restés à proximité. Dès le départ du camion de pompiers, des officiers cagoulés et sans RIO, refusant de décliner leur identité, m’ont emmené pour « jet de trottinette » et « destruction de véhicule », m’ayant notifié ce motif à ma demande. Je leur ai signalé qu’ils faisaient erreur et que j’ai un physique suffisamment reconnaissable pour être disculpé. Mais ils ont persisté à indiquer qu’ils « me reconnaissent sur la vidéo » qu’il ne m’a pas été donné de visionner cependant. Très étonné je n’ai opposé aucune résistance mais n’ai cessé de leur répéter qu’ils faisaient erreur sur la personne.

https://www.facebook.com/alexsamtg/posts/10217880332533794

https://www.facebook.com/alexsamtg/posts/10217902856536880

Arrivé au commissariat du cinquième arrondissement, mes droits m’ont été notifiés et j’ai demandé à voir un avocat et un médecin. Un officier de police m’a dit « de toutes façons votre arrestation est politique ». On m’a donc placé en garde à vue pendant 24 heures. Durant ce temps j’ai demandé plusieurs fois à consulter les différents procès-verbaux y compris d’audition sans que ce droit ne m’aie été accordé. Les officiers de police se moquaient de moi et me traitaient comme si j’avais réellement jeté une trottinette : « on n’est pas ici par hasard ». Le médecin m’a signifié qu’il « n’aime pas les gilets jaunes » lorsqu’il m’a observé. Il n’y avait pas de couvertures car les officiers de police « nous faisaient une faveur en ne nous les proposant pas vu leur état ». Nous étions sept dans une petite cellule, dormant à même le sol.

Mes codétenus ont également eu leurs droits fondamentaux bafoués. Trois d’entre eux se trouvaient en garde à vue pour avoir eu des « armes » dans leur sac. Les armes étaient, en l’espèce, des masques à gaz et des lunettes de protection, soit des équipements de protection individuelle contre l’arme chimique équipant les forces de l’ordre et causant un problème de santé publique. Aucune autre arme ne se trouvait dans leur sac sauf pour l’un d’entre eux, qui avait pris des « objets incendiaires », ce qui lui a valu une prolongation de sa garde à vue. Ces objets n’étaient autres que cinq petits pétards festifs. Un détenu a été passé à tabac lors de son interpellation et est arrivé blessé. Il a été jugé n’étant pas apte à effectuer une garde à vue par le médecin, mais il est tout de même resté dans la cellule toute la nuit. Enfin un dernier codétenu devait prendre des médicaments, le médecin l’a confirmé, mais on lui a refusé les médicaments et la consultation du procès-verbal d’auscultation du médecin.

Lors de mon audition, il m’a été indiqué qu’un témoin ayant soi-disant une vidéo de moi en train de lancer la trottinette ne répondait pas au téléphone, et que je resterai en garde à vue avec prolongation possible tant que ce témoin n’a pas été retrouvé. J’ai pourtant fourni toutes les preuves indiquant que je ne pouvais être l’auteur de ces faits, et indiquant que j’avais des rendez-vous importants avec des scientifiques reconnus à honorer.

J’ai été relâché après 24 heures complètes de garde à vue, et des remarques désobligeantes des officiers de police m’indiquant que « j’avais de la chance qu’il n’y avait pas de caméras ». En sortant j’ai découvert le twitter du ministre de l’intérieur, indiquant publiquement (21 Septembre, 19h56) :

« Gratitude aux forces de l’ordre déployées sur tout le territoire pour préserver l’ordre et garantir la libre expression. Des individus violents ont été interpellés et les exactions stoppées. Le ministère de l’Intérieur reste vigilant et mobilisé : force doit rester à la loi. »

J’étais secoué par ces événements et j’ai eu besoin de communiquer à ce sujet sur le ton de la plaisanterie et de l’humour :

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3) La terreur du lave-vitre bio

Je pensais que ces aventures étaient enfin passées, que j’allais pouvoir envisager des choses plus sereines. J’avais un rendez-vous en centre-ville, et je m’étais accordé un samedi de pause, sans manif Gilets Jaunes, sans activités, juste voir une amie. Elle m’a donné rendez-vous place Masséna, le lieu le plus neutre de Nice. Je n’avais pas imaginé à ce moment que de dangereux terroristes avaient préparé un attentat. Et quel attentat. 9 d’entre eux ont comploté pour préparé une attaque de la banque Société Générale dans le cadre d’un mouvement global lancé par Attac. Je n’en avais pas connaissance, mais je connaissais de vue, car ils étaient présents en manifs, deux de ces odieux criminels. L’action était programmée pour 13h30, heure à laquelle j’ai péniblement trouvé une place pour garer ma voiture, assez loin de la place Masséna. Je me suis donc mis à marcher en direction de la place, passant à proximité de la banque vers 14h. Mon amie était en retard. C’est ainsi que j’ai vu ces militants se faire arrêter. Etonné du traitement qui leur était réservé, je suis allé saluer ceux que je connaissais et leur ai demandé ce qui se passait. Cela m’a valu un contrôle d’identité, auquel j’ai répondu en contrôlant l’identité des contrôleurs, leur demandant leur identifiant RIO obligatoire. Tous n’ont pas accepté de me le donner.

Un de ces officiers de police a alors décidé de mentir, et de m’accuser d’avoir participé à l’action, il m’a vu lancer de la peinture. Ce mensonge est sans doute dû au fait qu’il a refusé de me donner son RIO. J’ai été embarqué et j’ai immédiatement filmé ce qui se passait.

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Il s’agissait alors d’un simple contrôle d’identité, mais une fois arrivé à Auvare, on m’a indiqué que ce serait garde à vue. J’avais l’habitude : médecin, avocat commis d’office, attente, OPJ… Je me suis ennuyé encore une fois pendant 24 heures. J’ai eu le temps d’apprendre que l’action de ces camarades de garde à vue était très bien préparée : du lave-vitre bio mélangé à du charbon, et non pas de la peinture, partant à l’eau et rendant une plainte ridicule. Mais ce que je ne pensais pas possible est arrivé : perquisition à mon domicile. Et quelle perquisition , on en a trouvé des choses !

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Après prolongation, ma garde à vue ayant duré 48 heures complètes, je suis allé soutenir ces militants dont j’ai découvert l’histoire. Et là encore, le respect des forces de l’ordre n’était pas trop au rendez-vous. Un peu de lecture, des échanges, et une tentative de sensibiliser ces officiers à la santé publique se sont malheureusement avérés être très infructueux. Je suis sorti dépité. Mais la presse s’en est un peu mêlée, qu’elle soit russe, française de gauche ou de droite.

Aucun des enquêteurs n’a jugé utile d’écouter mon répondeur cependant, alors que je leur avais proposé dès le départ. J’y ai donc trouvé ceci une fois que je suis sorti :

4) Joyeux anniversaire !

Pour l’anniversaire des 1 an des gilets jaunes, j’ai été place d’Italie. Nous avons été coincés, empêchés de sortir, et gazés toute la journée. j’ai voulu sortir, me disperser comme on me l’ordonnait, j’ai essayé de sortir par tous les côtés de la place : rien à faire.

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https://www.facebook.com/alexsamtg/videos/10218364713363012/

https://www.facebook.com/alexsamtg/videos/10218365038651144/

Le soir, dépités, nous sommes allés aux Champs Elysées, et nous avons vu tous les journalistes se faire fouiller, contrôler, tous le monde avoir peur, il régnait une ambiance de couvre-feu sans couvre-feu, comme si la police s’était transformée en milice pour empêcher toute expression publique. J’ai voulu casser cette ambiance de peur, j’ai été le seul à mettre son Gilet Jaune devant l’Arc de Triomphe.

Je ne manifestais pas vraiment, vu que j’étais seul. J’ai simplement donné une interview au seul journaliste qui a réussi à passer jusque-là (mais qui ne l’a semble-t-il jamais publiée) :

Ceci m’a valu une belle petite amende que voici :

5) Josiannnnne

Enfin, comme si ça n’avait pas suffi, le lendemain, en se préparant à rentrer, nous décidons de passer par Les Halles avec Josiane, médecin généraliste qui m’accompagne dans mes aventures. Nous avons été fouillés, un masque à gaz a été trouvé et voilà que Josiane se fait embarquer :

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https://www.facebook.com/alexsamtg/videos/10218373121053199/